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  • : un blog pierre sèche - a Dry-stone Blog
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  • : This blog allows one to obtain and share information about dry stone. It is written in the form of a notebook of a landscape gardener and shows my projects (walls, retaining walls, calades, stairs) as well as my landscaping work.
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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 14:35

Restauration d'un pierrier (clapas ou clapier) à Taulignan (Drôme)

 

pierrier-P1000604.JPG 

Un pierrier, aussi appelé clapas ou clapier, est un tas de pierre. Lors des travaux de la terre, les pierres sont extraites du sol au fur et à mesure de leur apparition à l'air libre. Ce sont des pierres dites de croute qui se détachent de la roche mère et que les travaux agricoles exhument.

pierres-des-champs-P1000605.JPG

Dans la vigne voisine, les pierres abondent

Le pierrier a pour principale fonction de stocker ces pierres hors de la zone de culture. Pour des raisons pratiques le but de ce stockage est d'utiliser le moins de superficie possible au moindre effort et sans demander trop de temps. Les endroits choisis sont les parties les plus incultes ou les moins gênantes pour les travaux agricoles de la propriété, affleurement rocheux, bords de chemin, limites de propriété.

pierrier-en-bord-de-route-P1000547.JPG

le pierrier en cours de refection

De nos jours il est coutume d'apporter tout ce que l'on considère comme un déchet à la déchetterie, les pierres et les gravats y sont apportés à grand renfort de gaz-oil et de cout de travail pour ceux qui vont devoir les trier puis les stocker… ailleurs. Jusqu'à peu il ne serait venu à l'idée de personne de transporter des pierres pour les mettre en décharge, elles étaient stockées en pierrier, en fait en attente d'un probable travail de maçonnerie ultérieur, de réfection d'un chemin ou d'entretien d'un drain.

orniere-comblees-par-des-cailloutis-P1000659.JPG

Ornière comblée à l'aide des cailloutis stockés

Lors de la réalisation d'un de ces projets il suffisait alors de venir se servir dans le tas où les pierres étaient déjà triées. On y jetait également tous les déchets inertes, principalement les vaisselles cassées, bétons et terres cuites (en fait tous ce qui se retrouve également dans les drains de l'arrière des murs de soutènements en pierre sèche).

dechetterie-P1000600.JPGdechetterie-P1000599.JPG

os-P1000658.JPG

On trouve souvent des os, ils rencontrent dans les pierriers et les drains les conditions parfaites pour fossiliser

Les techniques mises en œuvre pour la construction varient du simple stockage en tas au pierrier parementé. C'est le cas du pierrier restauré ici, il s'agit d'une construction de maçonnerie à pierres sèches car les pierres sont bâties et organisées lors de la réalisation du parement et lors du remplissage de l'intérieur du pierrier. Cela reste néanmoins une technique très sommaire et à la portée de tous.

structure-en-coupe-du-pierrier-P1000539.JPG

pierrier-en-bord-de-route-P1000547

De mémoire du propriétaire, le pierrier est le résultat d'un stockage commencé dans les années 50, il stocke les pierres récoltées dans le jardin potager en bord de chemin. Il poursuit et s'adosse à un mur de clôture construit bien avant (L'aménagement en pierre sèche du lieu semble daté du milieu XVIIIè siècle, comme en témoigne un enclos avec bassin et source où apparait un millésime http://pierreseche.over-blog.com/article-3451345.html ).

mini-bassin-001.JPG

Millésime du bassin (copyright Isabelle Biolley)

 



Le pierrier s'est éboulé en deux points:

pierrier-en-ruine-P1000505.JPG

point 1 le parement s'est éventré, une pierre de fondation a basculé, les cailloutis ont coulé hors du pierrier. On le remonte en donnant du fruit aux pierres et en les croisant bien. Le fruit suffit à contenir la poussée des plus petites pierres stockées à l'arrière. On procède en montant le parement avec les plus grosses pierres aussi appelées pierres à bâtir, et en remplissant ensuite l'intérieur avec les pierres plus petites impropres à la construction.

pierrier-en-ruine-P1000506.JPG

point 2, attention un parement peut en cacher un autre. Ici le parement est tombé et révèle un autre parement juste derrière, ceci nous indique que le pierrier a été agrandi pour contenir de nouvelles pierres exhumées lors des labours. 

deux-parements-P1000596.JPG

La restauration terminée

pierrier-P1000601.JPG

pierrier-P1000603.JPG 

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mis en ligne le 23 VIII 2011

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 11:16

Utiliser les affleurements rocheux.

 

Lors de la construction de murs en pierre sèche il est idéal de les fonder sur les affleurements rocheux. Quitte à changer vos plans d’aménagement, les roches dégagées lors du terrassement préparatif vous permettront de construire des murs solides s’inscrivant dans le paysage et optimisant l’utilisation de l’espace.


talus-initial-DSCN5692.JPG

Etat initial du talus avant intervention

 

Ce fut le cas lors de ce chantier de restauration d’un mur de soutènement en pierre sèche. Le mur initial s’appuyait sur la roche et était souligné par un talus envahit par les chênes kermès.

 talus-apres-decaissement-DSCN5710.JPG

Le décaissement du talus découvre un banc rocheux

talus-terrassement-fini.JPG

Le démontage du mur découvre le banc rocheux superieur sur lequel il était fondé

 

Lors du décaissement et du nettoyage du talus la structure rocheuse du talus a été mise à jour. Plusieurs couches de roches se superposent, celle sur laquelle s’appuyait le mur initial surplombe une couche inférieure qui empiète sur la plate bande inférieure.


debut-de-construction-escalier-DSCN5726.JPG

L'escalier s'inscrit dans la roche

 

escalier-et-mur-pierre-seche-DSCN5773.JPG

Le mur et l'escalier sont construits simultanément


Plutôt que de faire disparaître cet affleurement pour égaliser le terrain, il va être utilisé pour implanter un escalier. L’escalier s’inscrit dans la roche tout en y trouvant appui.

 

travaux-finis1-DSCN5805.JPGtravaux-finis2-DSCN5808.JPGtravaux-finis-face-DSCN5807.JPGbanc-en-pierre-seche-DSCN5776.JPG

Au bout du mur, à l'ombre du figuier, un banc en pierre sèche est insallé. Le chantier est terminé.

 

Article publié le 10 IV 2011 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:22

Soutènement en pierre sèche sans talus.

 

Les projets de soutènement paysagers sont toujours destinés à soutenir un talus.

Cependant, si la plupart sont construits à même un talus existant, certains sont construits avant que le sol du talus soit importé sur le terrain.

Ces deux cas de figure n’entrainent aucune différence lors de la construction de la maçonnerie du mur de soutènement en pierre sèche lui-même.

La différence réside dans la gestion et la mise en place du drain.

Le drain est composé de cailloutis non maçonnés mais tassés, il est installé entre la maçonnerie du mur et le sol que celui-ci soutient.

-Il sert de tampon entre le sol et la maçonnerie

- il draine comme son nom l’indique le sol à l’arrière du mur

- il filtre les particules de terre et évite qu’elles envahissent trop vite la maçonnerie

- il évite une poussée directe du sol sur la maçonnerie du mur lors de son augmentation de volume après une période pluvieuse.

Lors de la construction d’un mur de soutènement contre un talus existant, le drain est installé à l’arrière de la maçonnerie au fur et à mesure que le mur monte. Il comble l’espace entre le mur et le talus.

 

drain-de-soutenement-en-pierre-seche-avec-talus-existant.jpg Profil général du drain à l'arrière d'un mur de soutènement en pierre sèche lorsque celui-ci a été construit contre un talus existant.

 

mur-de-soutenement-en-pierre-seche-sur-talus-existant.JPG

Vue d'un chantier de construction de mur de soutènement sur un talus existant. Le drain est installé au fur et à mesure entre la maçonnerie et le sol du talus.

 

Lors de la construction d’un soutènement avant l’installation du talus il n’est pas possible de procéder ainsi. Le mur est construit sur toute sa hauteur et l’installation du drain est une action totalement indépendante et ultérieure. Il en résulte un profil du volume du drain très différent. Celui-ci est alors très large au bas du mur et sa profondeur se réduit en triangle vers le haut du mur.

arriere-de-mur-de-soutenement-en-pierre-seche-avant-la-po.JPG Vue de l'arrière d'un mur de soutènement en pierre sèche construit avant la mise en place du talus et du drain.

 arriere-d-amenagement-de-soutenement-en-pierre-seche-san.JPG Vue de l'ensemble d'un aménagement de soutènement en pierre sèche construit avant la mise en place du drain et du talus

 

L-amenagement-de-soutenement-en-pierre-seche-une-fois-rem.JPG

Le même aménagement une fois remblayé, notez la présence du drain entouré de géotextile.

 

drain-pose-avant-le-remblai.JPG

 Contre l'arrière du mur visible sur cette photo le drain composé de cailloutis à été posé, il reste à remblayer le talus.

 

profil-du-drain-a-l-arriere-d-un-mur-de-soutenement-cons.jpg

Profil du drain lorsqu'il est posé à l'arrière d'un mur de soutènement avant le remblayage du talus.

 

Il arrive de retrouver cette configuration du drain lors de la restauration d’un vieux mur de soutènement, cela peut indiquer que le niveau de la terrasse supérieure n’est pas « naturel » et est le résultat d’un remblai postérieur, soit par assolement, soit par apport de sol.

 

 

Article mise en ligne le : 19 mars 2011

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 17:42

Lits et délits

sediments-a-l-origine-des-pierres.JPGSédiments à l'origine des pierres

Les pierres sédimentaires sont issues d'un empilement de sédiments déposés les uns sur les autres, couche après couche, au cours du temps.

Ces couches font encore partie de leur constitution, elles restent hétérogènes quoique réunies pour former une même pierre.

Cette hétérogénéité peut être mise en évidence de façon mécanique, en tapant sur la pierre, celle-ci se fissure alors exactement entre deux couches.

Elle peut aussi apparaître sous l’effet des intempéries, humidité et gel.

On dit que la pierre se délite.

deliter-une-pierre-de-facon-mecanique-1.JPG  Déliter une pierre tapant perpendiculairement à son lit

deliter-une-pierre-de-facon-mecanique-2.JPG

 

deliter-une-pierre-de-facon-mecanique-3.JPG

Cet empilement de sédiment a été réalisé selon les lois de la gravité, la pierre que vous avez dans les mains pour bâtir garde la mémoire de ce processus.

Le respecter est l'un des facteurs qu'il faut prendre en compte lorsque l'on construit avec de telles pierres.

Tournez la pierre dans vos mains, vous pouvez la maintenir dans l'axe où elle se trouvait lors de sa fabrication, ou la placer perpendiculairement à cet axe.

pierre-dans-son-lit.JPG

Pierre dans son lit

pierre-en-delit.JPG

Pierre en délit, on voit sur la photo les states de sédimentation

Lorsque l'on retrouve l'assise initiale de la pierre, il est dit que l'on pose la pierre dans son lit.

Lorsqu'on lui donne un angle accentué par rapport à cette assise, il est dit que l'on place la pierre en délit.

Un mur en pierre sèche est constitué de pierres posées les unes sur les autres. Le construire nécessite de respecter plusieurs règles dont celle de la répartition du poids. Sur chaque pierre repose le poids des pierres placées sur les assises supérieures, chaque pierre repose elle-même sur les pierres des assises inférieures.

En pierre sèche le poids est en quelque sorte utilisé à la place du liant et bloque les pierres entre elles. C'est le seul mortier et tout l’art de construire en pierres sèche consiste à dompter la force qu’il exerce.

Sur chaque pierre d'un mur s'exerce une très forte pression verticale due au poids des autres pierres, si celle-ci vient à faillir c'est tout le mur qui menace de s'effondrer.

Les pierres sédimentaires ont la particularité de supporter le poids des montagnes tant qu'elles le reçoivent perpendiculairement à l'axe de leur lit. Elles ont par contre le défaut de se déliter lorsque ce même poids s’exerce dans l’axe des lits.

II est donc nécessaire de construire en pierre sèche en respectant scrupuleusement cette particularité des pierres sédimentaires.

Elles doivent toujours être bâties dans leur lit.

pierres-gelives-dans-leur-lit-1.JPG

 Ce mur est constitué de pierres gélives posées dans leur lit, il reste en fonction sans grands désordres grace au poids qui maintient chaque pierres à sa place une fois délitées par le gel et les intempéries.

pierre-gelive-en-delit.JPG

Une pierre posée en délit a gelé. Le poids du mur a entrainé un affaissement à son niveau.

Cette particularité permet, en pierre sèche, d’utiliser des pierres relativement gélives. En effet, lorsque celles-ci se délitent sous l’effet du gel, les pierres fissurées continuent à recevoir le poids du mur, ce qui les maintient morcelées dans la maçonnerie. Chaque morceau réagissant comme l’aurait fait une pierre que vous auriez maçonnée.

 Comme pour toute règle il y a des exceptions, la plus notoire concerne la maçonnerie clavée, (dont vous pouvez voir un exemple sur cet article http://pierreseche.over-blog.com/article-5426455.html ). Les pierres sont alors systématiquement placées en délit. Ceci pour prendre en compte le fait que la force qui s’exerce sur la pierre est alors latérale et non plus verticale. Placer alors la pierre en délit est nécessaire pour que la force qui s’exerce sur elle soit perpendiculaire à l’axe des lits.

 

 

Article mis en ligne le : 10-11-10

Article mis à jour le :

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 18:00

pierre-seche-mur-fini.JPG

Le mur fini


pierre-seche-d-un-cote-la-foret.JPG

D'un côté la forêt

pierre-seche-d-un-cote-les-champs.JPG

De l'autre les champs

Le mur sépare l'espace sauvage et forestier de l'espace agricole, il a été construit afin de protéger les cultures des bêtes sauvages et des troupeaux.

pierre-seche-breches-mur-de-cloture.JPG
Le mur en ruine

Il est très abimé et présente de nombreuses brêches.
Il est construit en pierre sèche avec des pierres informes que l'on appelle en provençal des "testes de cabra", têtes de chèvre, et en français des têtes de mort. Ces pierres n'ont pas de faces, sont difficiles à assiser et à caler. 

pierre-seche-mur-sur-roc
Appareillage irrégulier

L'appareillage de telles pierres est très irrégulier et demande une attention particulière pour respecter les règles d'équilibres et de croisement et réaliser un mur pérenne.

Un mur de clôture a deux faces de parement. Lors de la construction les pierres sont maçonnées afin de dresser ces deux parements. Ce mur a une épaisseur moyenne de 60 cm, les pierres sont placées en boutisse et atteignent en général le tiers de la profondeur du mur.

pierre-seche-coup-de-sabre-corps-du-mur.JPG


pierre-seche-corps-du-mur.JPG
Corps du mur vu de dessus

Cela a pour conséquence la construction de deux empilements de pierres qui ne sont pas croisés entre eux dans le corps du mur, cela revient donc à créer un coup de sabre qui court tout le long du mur à l'intérieur de celui-ci.
La difficulté lors de la construction d'un tel mur réside dans l'utilisation optimale du stock de pierres afin de croiser et relier le plus régulièrement possible les deux faces du mur pour stopper le coup de sabre. Le maçon doit poser régulièrement des boutisses traversantes ou des agencements de demi-boutisses se croisant à l'intérieur du mur.

pierre-seche-trois-boutisses-traversantes.JPG
Boutisses traversantes

pierre-seche-croisement-dans-le-corps-du-mur.JPG
Pierres de parement posées en boutisse se croisant dans le corps du mur


pierre-seche-arase-de-couronnement.JPG
Arase de couronnement

Le mur est construit jusqu'à l'arase sur laquelle reposera le couronnement, le couronnement est composé de gros blocs de pierre bien lourds. Ils recouvrent entièrement le mur et composent ainsi un dernier dispositif de boutisse traversante qui renforce le mur. Leur poids appuie sur la maçonnerie, la cale et prévient les possibilités de mouvements dans la structure maçonnée.

pierre-seche-couronnement-larmier.JPG
Le couronnement dirige l'eau de pluie afin qu'elle ne coule pas sur la maçonnerie

Ici les blocs de couronnement sont posés afin de protéger le mur de la pluie, en effet la pierre est très friable et craint le gel. Ils sont placés en pente vers la face sud du mur et en déport à l'avant du parement afin que l'eau qui glisse sur eux ne tombe pas sur les pierres du parement, ils forment ainsi un larmier. 

pierre-seche-ligne-de-couronnement.JPG
 Le mur terminé, la ligne des pierres de couronnement

pierre-seche-mur-de-cloture.JPGLes pierres de couronnement dépassent de l'aplomb du mur, elles protègent la maçonnerie des écoulement d'eau de pluie et dissuadent les bêtes de sauter 
 
pierre-seche-mur-dans-le-paysage.JPG
 Le mur dans le paysage


Article publié le 15 mars 2010

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 16:35

Construire un mur de soutènement est avant tout un aménagement paysagé.

 

Il s’agit de réorganiser le sol en fonction de la pente dans le but de créer une surface plane sur laquelle une culture ou un jardin pourront être implantés.

La réorganisation concerne toutes les composantes du sol, ainsi que son profil, pente et relief. La pierre et les cailloutis en sont extraits et mis de côtés, ce seront les matériaux utilisés pour la construction du mur proprement dit. Par ce tri, la terre est bonifiée, le mur n’est là que pour la retenir.

 

La plupart des gens regardent les murs de soutènement en pierre sèche comme des ouvrages de maçonnerie, or ils sont bien plus que cela. Ils ne sont qu’un des éléments d’un aménagement beaucoup plus vaste et qui engage tout l’environnement dans lequel ils s’inscrivent*.  

Le mur ne retient pas seulement la poussée de la terre, il évite son érosion, il permet une meilleure absorption de l’eau par les sols, réduisant ainsi substantiellement la quantité d’eau de ruissellement, et pour finir il assure le drainage du terrain. Il est l’un des éléments de la gestion d’un facteur primordial pour le terrain et sa mise en culture, l’eau.

En fait, et sans beaucoup forcer le trait, l’aménagement d’un terrain par des ouvrages en pierre sèche a une seule obsession, la gestion de l’eau, son écoulement, sa diffusion, sa récupération et cela concerne en particulier les eaux pluviales.
(je vous conseille, pour en prendre la mesure de visioner la vidéo qui est proposée sur cette page du blogue Lesperdigones ici)
 

Tous les ouvrages en pierre sèche sont naturellement drainants, ils récoltent l’eau et la redistribuent. Drainer un écoulement d’eau ne le fait pas disparaître (même si il le réduit en arrosant les parties traversées), il dirige le surplus là où le drain s’arrête.

 

Un positionnement judicieux des ouvrages en pierre sèche sur un terrain permet de créer une circulation de l’eau selon un réseau que l’on aura au préalable bien réfléchi.

 

Chaque mur récolte le ruissellement de surface au niveau de ses fondations, la fondation elle-même draine l’eau qui s’écoule jusqu’à son point bas. Arrivée à ce niveau, si il n’a pas été prévu de poursuite du drain, elle stagne et fait une flaque. Selon la quantité d’eau (par exemple lors de pluie abondantes ou orageuses), cette flaque et son écoulement dans la pente peut devenir problématique. Elle peut être source d’érosion du terrain, de sape des fondations, d’éboulement des murs, et plus en aval d’inondation.

mini-mes-images2N4372.jpg

Exemple de mur dont le point bas des fondations n’a pas été poursuivi par un drain, ici après une forte pluie, l’eau s’est accumulée et a commencé à emporter la terre en ruisselant.

 

C’est pourquoi chaque point bas des fondations d’un mur de soutènement en pierre sèche doit être aménagé d’un exutoire qui permet au flux de l’eau de poursuivre sa route sans dommage pour l’aménagement.

 

Cet exutoire sera lui-même poursuivi par un drain dont la fonction est de diriger l’écoulement du surplus d’eau là où il ne risque pas de créer de dommages.

  am-nagement-drainage-a-effectuer-mes-images2N4529.jpg

Tous les drains se recoupent ainsi et créent un réseau qui finit par déboucher dans un fond de vallon ou un ouvrage où l’eau pourra reprendre sa pente « sauvage ».

 

Traditionnellement le cours de ces drains passait par des bassins et des citernes (aussi appelées aiguiers en Provence), où l’eau était récoltée et conservée pour l’arrosage lors des périodes sèches. Ces citernes faisaient partie du réseau de circulation des eaux pluviales avant leur arrivée dans le fond de vallon. Cette pratique optimisait l’utilisation des eaux de pluie, tout en tenant compte techniquement des dégâts qu’elles pouvaient produire.

Un exemple sur ce mur :

 

Le mur fait plus de 30 mètres de long, la préparation des fondations creusées dans le sol crée une tranchée en pente dans laquelle l’eau va s’écouler.

 mini-mes-images2N6119.jpg

Les fondations du mur en pierre sèche, protégées par un géotextile qui empêchera la terre de s’infiltrer et de combler la tranchée, vont servir de drain géant où va s’écouler tout le surplus d’eau lors des précipitations.

 mini-Am-nagement-drainage-a-effectuer-mes-images2N4529--4-.jpg

Toute cette eau va se regrouper au point bas du mur
mauvais-drainage-mes-images2N4379-copie-1.jpg
Tant que le drainage n’est pas poursuivi, l’eau va se retrouver piégée là et va s’écouler sur le terrain lui-même  c’est pourquoi le drain des fondations est poursuivi par un drain enterré qui permettra de diriger l’eau soit vers un ouvrage permettant son stockage, soit dans un écoulement aménagé où elle ne pourra pas entrainer de dégradations.
 

pierre-seche-citerne-puit-mes-images2N4528.jpg
Ici une ancienne citerne récoltera le surplus d’eau et la stockera
 


Le mur fini, le drain d’évacuation n’est plus visible. Ce travail est facilement oublié car peu spectaculaire, il est néanmoins vital pour la longévité de votre ouvrage et pour le respect des sols sous-jacents à celui-ci.

Deux autres articles traitent du drainage sur ce blog ici et

à visiter un lien vers le compte rendu de visite d'un spéléologue dans un puit en pierre sèche

http://lggspeleo.over-blog.org/article-visite-d-un-puits-en-pierre-seche-23072011-80089811.html



* C'est d'ailleurs pourquoi le murailleur, aménageur pierre sèche, n'est pas un maçon, la maçonnerie du mur n'est qu'une partie de son travail, sa principale compétence réside dans l'analyse de l'aménagement, dans la gestion des sols, du terrain, et de l'écoulement des eaux.



Article publié le 11 février 2010

Mis à jour le 31 aout 2011

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 11:35

 

 

Le bois a été très employé dans l’aménagement en pierre sèche.
Il n’en reste aujourd’hui plus de trace dans les constructions, celui-ci ayant généralement pourri.

En analysant la structure d’un parement, il est encore possible à un œil averti de supposer, qu’une poutre ou un gros bâton a pu être planté dans le mur.

Les usages pouvaient être multiples, petits abris ou cabanes, piquets de séchage, point d’attache pour les bêtes ou pour une treille, escaliers, etc.

 


Ici l’exemple d’un vieil escalier volant en bois à Colmars-les-Alpes

La technique pour réaliser ces aménagements est très simple, elle a été décrite dans l’article sur l’échafaudage volant, visitez également cet article sur les escaliers volants.

 

Voici ici un exemple d’installation d’un escalier volant en bois.

 

Munissez-vous de planches ou de bâtons suffisamment solides pour recevoir le poids d’une personne, et suffisamment longs pour être plantés sur les deux tiers de leur longueur dans le mur

 

Faites attention de ne pas mettre la dernière marche trop près du couronnement du mur cela pourrait le soulever, abimer le mur et rendre votre escalier dangereux.

 

 


Positionnez les marches afin d’obtenir le confort d’utilisation de l’escalier

Plantez les en force dans la structure du mur à l’aide d’une masse en guidant leur pénétration pour qu’elles ne dévient pas.

 

 

L’escalier fini


 

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Article publié le : 23 VII 09

Mis à jour le :





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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 19:06

pierre seche-boutisse traversante d'ancrage au talus de face-louis CaginLe bloc de 'boutisse traversante d'ancrage au talus' vue de facepierre seche-boutisse traversante d'ancrage au talus de coupe-louis CaginLe même bloc dans la coupe du mur

Tout est bon pour renforcer un mur de soutènement et augmenter sa durée de vie.

À l’occasion de la restauration de celui-ci à Ganagobie, j’ai pu observer l’efficacité de la 'boutisse traversante d’ancrage au talus', cette pierre traverse non seulement la maçonnerie du mur, mais également l’épaisseur du drain et se plante ensuite en profondeur dans le sol lui-même.

pierre seche-boutisse traversante d'ancrage au talus de coupe gros plan-louis Cagin 

La boutisse traversante d'ancrage au talus a stoppé l'éboulement

Celle-ci mesure presque deux mètres de profondeur pour un parement posé en losange dont les côtés mesurent 50cm.

Lors de l’effondrement du mur, suite à l’hiver très pluvieux que nous venons de connaître survenu après une longue période de sècheresse, elle a stoppé la brèche et a ainsi permis à une grande partie du mur de rester debout sans être entrainé dans la chute.

Le principe de la 'boutisse traversante d’ancrage au talus' est très simple, la pierre est utilisée comme un clou qui traverse la structure du mur en pierre sèche et l’arrime au sol qu’il retient. Par son inertie, son poids, sa profondeur, l’équilibre qui lui est donné, le bloc est quasi autoporteur, il ne pèse pas de tout son poids sur le mur puisqu’une grande partie de la masse repose dans le sol que le mur soutient. Ceci évite l’écrasement de la structure maçonnée, en effet ce bloc mesure presque 0.5 mètre cube, il ne doit pas peser loin de la tonne.

pierre seche-boutisse traversante d'ancrage au talus croquis-louis Cagin
La boutisse d’encrage n’est pas placée au hasard dans la hauteur du mur, elle s’installe là où la poussée du sol est optimale, c'est-à-dire entre le premier et le deuxième tiers de sa hauteur, à l’endroit où se créent les ‘ventres’ lorsque le mur, infiltré par les particules de terre, est poussé par les variations de volume du sol.

De telles boutisses ne sont installées que pour des murs dépassant les 1m80 de haut, la mise en œuvre de leur installation n’est pas évidente et nécessite un travail de force en minutie. On imagine le travail qu’a demandé la pose d’une telle pierre à l’époque, il sera aujourd’hui facilité par les engins mécaniques modernes.

 

pierre seche-demi boutisse traversante d'ancrage au talus croquis-louis Cagin 

   Une autre solution d'ancrage

D’autres solutions existent pour ancrer le mur au sol lorsque l’on n’a pas sous la main des blocs d’une telle grosseur. Des boutisses d’ancrage demi-traversantes sont installées à mi-mur dans l’épaisseur de la maçonnerie et traversent ensuite le drain pour arriver au sol.
pierre seche-boutisse traversante d'ancrage au talus avant restauration du mur-louis CaginLe bloc de 'boutisse traversante d'ancrage au talus' lors des travaux préparatifs à la restauration


Article publié le: 15 V 09
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 13:23

L'échafaudage volant

 

 

Travailler au dessus d’une certaine hauteur ne nécessite pas de gros moyens lors de la construction de murs en pierre sèche.

Lors de la construction des bâtiments au moyen âge, il était habituel de prévoir des trous de boulin régulièrement aménagés dans le parement des murs et destinés à recevoir la structure d’un échafaudage.

La même technique est utilisée en pierre sèche.

Les joints entre les pierres n’étant pas comblés par du liant il est relativement facile d’y planter des barres de fer sur lesquelles pourra reposer une planche. Cette planche sur laquelle le maçon pourra monter lui permettra d’atteindre le haut du mur et d’y travailler.

echafaudage volant-pierre seche-02Placer la barre de fer dans le joint des pierre

echafaudage volant-pierre seche-03Enfoncer les barres dans le mur


Y poser un plateau



Merci à Florian pour la figuration

Article mis en ligne le 31 V 2009
mis à jour :

 

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 09:13

Aménagement et caladage d’un écoulement d’eaux pluviales à Ganagobie.



fossé-caladé-pierre-seche-état des lieuxVue d’ensemble de la zone à aménager. Au premier plan l’ancien fossé, au fond la buse d’arrivée d’eau. © Barbara Prost


Etat des lieux et analyse des problèmes


Des buses ont été posées sous la route surplombant le lieu pour diriger les eaux pluviales d’un fossé d’écoulement en fond de vallon. Ces buses ont dévié l’eau pluviale qui ne s’écoule plus en fond de vallon mais sur une restanque. Cela entraîne une érosion conséquente de la restanque et des sols sous-jacents.

L’objectif est de canaliser la trajectoire de l’écoulement d’eau en la dérivant vers l’ancien fossé de fond de vallon situé à environ dix mètres en aval de la sortie de la buse.


dégats des eaux pluviales sur mur en pierre sècheConséquences de l’écoulement des eaux sur la restanque.


Solution décidée


Canaliser l’eau pour qu’elle rejoigne son écoulement naturel en fond de vallon.


projet de fossé-caladéplan avant travaux, fossé-caladé


Travaux terminés
                                                 Etat des lieux                                                            


Les aménagements proposés pour arriver à cette solution sont ;

- Creuser un fossé qui redirige l’eau vers l’ancien écoulement naturel. Celui-ci dessinera une courbe en prendra en compte la pente du terrain et la force d’écoulement de l’eau.

- Se servir de la terre décaissée pour créer une digue. Cette digue sera stabilisée par la construction d’un mur en pierre sèche maçonné selon la technique de la pierre clavée, ceci afin d’éviter au maximum l’arrachement des pierres par le flot.

- Aménager le fond du fossé par une calade en grosses pierres afin d’éviter l’effet de l’érosion sur le sol.

- Casser la force de l’écoulement d’eau en créant trois ressauts.


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Réalisation pratique


Matériel utilisé pour le terrassement : pelles, pioches, barre à mine. Pour les ouvrages en pierre sèche : têtu, massette, maillet, truelle.
La pierre a été récupérée et triée d’un pierrier proche.


Le Terrassement


Le terrassement est guidé par le dénivelé entre le niveau de la buse où arrive l’eau et le point bas où l’écoulement rejoint l’ancien fossé de fond de vallon.

On creuse jusqu’à dessiner le fond de forme (sol sur lequel vont reposer les fondations des murs et la calade). Ce fond de forme est différent selon qu’il reçoit la calade ou le mur de renforcement des berges du talus.

La terre décaissée est utilisée pour composer le talus.

Le fond de forme de la calade est creusé en pente vers l’intérieur de la courbe afin de limiter la force de l’eau sur la berge du talus. Son niveau tient compte de la taille moyenne des pierres regroupées pour créer la calade.

Ce fond de forme est interrompu par des marches qui permettront l’installation des ressauts.

Le fond de forme du mur de soutènement du talus est, quant à lui, creusé plus profondément pour que les pierres qui le composent ne puissent pas être arrachées par la force d’écoulement de l’eau. Il est également préparé selon une pente vers l’intérieur du mur pour initier le pendage des pierres qui composeront le mur, cette inclinaison des pierres participera de la résistance de l’ouvrage à la force de l’écoulement des eaux.


fond de forme-fossé-caladéLe fond de forme destiné à recevoir la calade et le mur de soutènement de la digue.

© Barbara Prost


fond de forme-fossé-caladé-les ressautsLes futurs ressauts.


fond de forme, fossé-caladé- l'arrivée en fond de vallonArrivée dans l’ancien fossé de fond de vallon.



Construction


On commence par construire les murs des berges et les ressauts.

Les murs des berges sont réalisés selon la technique de la maçonnerie clavée pour résister à la poussée latérale de l’eau. Les pierres sont posées à chant et ajustées sur leur faces de joint afin de créer un voûtement les unes avec les autres. La proportion de la surface du parement des pierres est très réduite par rapport à celle inséré dans la maçonnerie, cela renforce encore la capacité du mur à résister à la sape de l’eau.


fondation mur pierre seche clavéeMaçonnerie clavée. © Ludovic Iborra

Pour les ressauts, maçonnés selon la technique de la maçonnerie croisée et assisée, de très grosses pierres sont employées. Elles sont posées en boutisse et avec du fruit, afin d’avoir l’inertie suffisante pour résister au courant.


ressaut-pierre-secheRessaut composé de gros blocs de pierre. © Ludovic Iborra


ressaut-pierre-seche et caladeLe même plus tard dans la construction. © Ludovic Iborra

Pour la calade, des pierres assez grosses sont utilisées et posées à chant (ou debout) pour contrer les forces d’arrachement. Des pierres plus grosses appelées conducteurs encadrent et maintiennent les autres pierres de la calade pour la renforcer.


calade de fond de fosséConstruction de la Calade.

L’endroit où l’eau se jette dans l’ancien fossé est lui aussi repris. Les murs de soutènement sont reconstruits. Une calade installée.


fondations des murs en pierre seche entourant le fossé caladéRéaménagement de la collection des eaux en haut de l’ancien fossé de fond de vallon.

© Barbara Prost

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L'ouvrage terminé

fossé-caladé et aménagement pierre-seche-terminé-vue du fond de vallonVue d'en bas, du fond de vallon.

fossé-caladé et aménagement pierre-seche-terminé-vue de la routeVue d'en haut, de la route.

fossé-caladé et aménagement pierre-seche-terminé-ressauts et caladeLes ressauts et la calade.
fossé-caladé et aménagement pierre-seche-terminé-arrivée en fond de vallonL'arrivée dans le fond de vallon, vue de dessus.

fossé-caladé et aménagement pierre-seche-terminé-aménagement du fond de vallonL'aménagement du haut du fond de vallon.

fossé-caladé et aménagement pierre-seche-terminé-aménagement du fond de vallonL'aménagement du haut du fond de vallon.


Chantier réalisé dans le cadre de la formation professionnelle  « SIL Technicien de site patrimonial » organisé par le CFPPA de Carmejane, antenne de Forcalquier.


Article signé

Albarracin Agnès, Bertoia Sandro, Bouchet Serge, Cagin Louis, Delorme Réginald, Fellah Eric, Gonzalez Bruno, Iborra Ludovic, Mauny Guillaume, Monchal Hélène, Prost Barbara, Senet Serge, Tofinos David, Wadel Marie-Christine



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Article publié le : 14 II 09

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