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  • : This blog allows one to obtain and share information about dry stone. It is written in the form of a notebook of a landscape gardener and shows my projects (walls, retaining walls, calades, stairs) as well as my landscaping work.
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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 21:28

L’encorbellement

Restauration d’un(e) borie à La-Ciotat


borie-P1030485.JPG

L’encorbellement est une technique de maçonnerie à pierres sèches utilisée pour réaliser la partie couverture des bories. Il ferme l’espace toit et réalise simultanément son étanchéité.

Pour obtenir ce résultat les pierres sont d’abord choisies avec deux faces d’assises d’une surface « suffisamment » grande. Dans la plupart des cas, comme ici, on utilise des lauzes (pierres « fines » dont les deux faces sont relativement parallèles).

pose-d-une-pierre-en-encorbellement-P1030430.JPG

Pose d'une pierre en encorbellement

Elles sont ensuite posées selon les règles de pose de la maçonnerie à pierre sèche mais en laissant dépasser leur face de parement de l’alignement du rang précédent. Ce positionnement va permettre rang après rang de créer l’encorbellement.

l-encorbellement-exterieur-P1030442.JPG

L'encorbellement vu de l'extérieur

Le pendage, donné à chacune des pierres posées, va parfaire la cohésion de la maçonnerie. Il va diriger le poids des pierres vers l’appui qu’elles reçoivent de la pierre sous-jacente. Par cet angle il va également diriger l’eau de pluie en faisant office de tuile.

detail-encorbellement-P1030434.JPG

Détail de l'encorbellement vu de l'intérieur

L’encorbellement est appelé fausse voute. En effet, lors de la construction d’une voute les forces vont s’exercer latéralement sur les claveaux (lien). Ici le poids des pierres s’exerce verticalement comme dans un mur.

l-encorbellement-interieur-P1030436.JPG

L'encorbellement vu de l'intérieur

C’est pourquoi selon le profil du cabanon et la pente de son toit, il est important de lester le bas de l’encorbellement pour qu’il supporte la charge qui s’y exerce. C’est le cas ici dans ce cabanon dit à carène renversée.

Arrivé en haut de la partie encorbellée du toit il reste à fermer par une faitière. Des dalles sont posées, recouvertes d’un dernier dispositif de lauzes pour assurer l’étanchéité.

pose-dalle-faitiere-1-P1030447.JPG

Présentation d'une dalle de faîtage

pose-dalle-faitiere-2-P1030453.JPG

Pose de la dalle

pose-dalle-faitiere-3-P1030463.JPG

Présentation de la dernière dalle du faîtage

pose-dalle-faitiere-5-P1030466.JPG

Ajustement de la dalle

pose-dalle-faitiere-4-P1030465.JPG

Pose de la dalle

Pour ce cabanon, restauré comme à l’origine, des pierrailles sont étalées sur les deux tiers bas de l’encorbellement coté extérieur. Ces pierrailles lestent un peu plus le bas de l’encorbellement mais assurent aussi la protection des pierres de toitures contre les intempéries et les pas du maçon, lors de ses interventions sur le toit.

pose-pierraille-P1030471.JPG

pierraille-et-lauzes-P1030499.JPG

Le toit fini

toit-borie-fini-P1030495.JPG

 

Article mis en ligne le 26 VI 2012

 

Autre article sur ce(tte) borie Traces de vie  

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 17:58

Restauration d'un aménagement en pierre sèche en Ardèche cévenole


arrivee-touviere-finie-P1000914.JPG


Le chantier se situe en Ardèche cévenole. Le terrain est plein sud, très pentu et entièrement aménagé en pierre sèche. Les murs font souvent plus de trois mètres de haut afin de dégager des espaces suffisants pour la culture. Le lieu dit signifie source captée, et en effet c’est un petit paradis, protégé du mistral, bien ensoleillé, et surtout très bien arrosé grâce aux sources. Les bâtiments datent du 17ème et il semble qu’ils aient été relais de chasse pour les nobles de l’époque.

Les terrains à l’arrosage accueillent encore des cultures potagères, sinon les autres terrasses sont entièrement dédiées aux châtaigniers.


ardeche-etat-des-lieux-P1000747.JPG

Etat des lieux

Le mur de l’intervention est entièrement écroulé. Il est sur un niveau inférieur dans l’alignement de plusieurs bassins où l’eau qui s’écoule de la source est stockée (fig. 1).

Lors du démontage, nous constatons que sa profondeur est largement surdimensionnée, il fait plus d’un mètre de profondeur pour une hauteur d’à peine deux mètres. Certainement afin de bien drainer le sol arrosé et de résister plus longtemps aux poussées (fig. 2). Nous respectons cette profondeur lors de la reconstruction.


coupe-du-mur-P1000753.JPG

Le mur fait plus d'un mètre d'épaisseur

Le mur démonté permet également de découvrir un système de touvières utilisées pour arroser les jardins de façon gravitaire à partir du bassin, et pour évacuer le trop plein d’eau venant de la source. Une première touvière dirige l’eau vers le jardin pour l’arroser. Une autre, qui débouche dans le mur que nous restaurons, sert également à l’écoulement du trop plein. Chaque touvière est composée d’un sol caladé sur lequel l’eau s’écoule, de murets en pierre sur les côtés supportant une dalle qui ferme et recouvre le dispositif. Afin d’éviter que l’eau ne s’infiltre dans le sol, les calades et les murets semblent avoir été maçonnés à l’argile et non à sec.


sorce-et-bassin-1-P1000779.JPG

Bassin principal où débouche la source

haut-de-la-touvière-P1000777

L'eau est dirigée dans les touvières qui traversent les murs de soutènement successifs

touvière-principale-P1000776

Le passage des touvières dans le terrain est repérable par les dales

schéma-touvière-P1010191

Shéma d'une touvière

Le terrain est entièrement imbibé par l’eau au niveau de l’éboulement. Le trop plein d’eau de la source s’y écoule et ne trouve pas de passage. Impossible de dire si le mur s’est écroulé à cause de cette eau, ou si l’eau s’est retrouvée bloquée suite à l’éboulement. Dans tous les cas le mur a été sapé de la base, les pierres de fondation se sont affaissées sur le sol ameubli jusqu’à être en contre fruit. L’effondrement du mur a suivi.


pierre-de-fondation-P1000768.JPG

Le terrain est imbibé, notez les pierres de fondation affaissées en contre fruit

Les fondations sont reprises, la sortie de la touvière est dégagée et restaurée. Il est installé plusieurs exutoires au pied du mur afin d’éviter que l’eau n’y stagne, ce qui aurait pour effet de reproduire le phénomène de sape des fondations à long terme.

exutoire-P1000771.JPG

Plusieurs exutoires permettent l'assainissement du sol

Le mur fini.


mur-fini-1-P1000913.JPG

mur-fini-2-P1000915.JPG

arrivee-touviere-vue-dessus-P1000916.JPG

arrivée-touvière-finie-P1000914

 


Autres articles sur le sujet :  Le drain d'un mur de soutènement en pierre sèche

Publié le 2010/10/21

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 17:06

capitelle-pierre-seche-dans-le-paysage-copie-1.JPGLa capitelle restaurée dans le paysage


Restauration d'une capitelle dans le Roussillon

La capitelle se trouve sur une ancienne chataigneraie en coteaux aménagée par des murs de soutènement en pierre sèche. Il semblerait que ce soit la dernière encore debout sur la commune.

 

DSCN6649.JPGLa capitelle restauration achevée


Il s'agit d'une petite capitelle intégrée dans un mur de soutènement et où ne rentre qu'un homme qui ne peut se tenir debout.

La pierre est de schiste relativement friable, pour la construction aucune taille ne sera effectuée et toutes les pierres seront utilisées telles quelles.

La capitelle repose directement sur la roche mère, la porte d'entrée est encadrée par deux chaînages d'angles sur lesquels repose trois pierres de linteau, l'encorbellement débute dès les linteaux et dessine une voute relativement plate.


capitelle-pierre-seche-etat-initial.JPGCapitelle état initial

Avant la restauration la capitelle est éboulée jusqu'aux premières pierres de l'encorbellement et il ne reste aucune trace du toit. Il est probable que les lauzes de couverture aient été récupérées pour un autre usage car lors de la réfection il va être nécessaire d'approvisionner pas mal de lauzes.


capitelle-pierre-seche-pendage.JPGAu premier plan les pierres de la maçonnerie d'origine, au fond les pierres posées avec un pendage inversé

Un premier essai de restauration semble avoir été réalisé antérieurement, en effet des pierres sont maçonnées sur le faîte des murs, nous les enlevons car elles sont posées selon le pendage inverse à celui nécessaire à l'encorbellement. Arrivé au niveau de la maçonnerie ancienne, le pendage est correct et les pierres affichent une vieille patine.


capitelle-pierre-seche-encorbellement-toit.JPGReprise de l'encorbellement

L'encorbellement est repris à partir de ce niveau, des pierres sont maçonnées dans l'épaisseur du mur afin que leur poids pèse sur la pierre en encorbellement et renforce l'équilibre de la voute. La pose des pierres lors de cette étape de la maçonnerie commence l'étanchéïté du toit, en effet chaque pierre se croise et penche vers l'extérieur de la capitelle.


capitelle-pierre-seche-preparation-a-la-couverture.JPGL'encorbellement terminé, reste à poser les dalles

L'encorbellement fini, quatre grosses pierres sont posées pour recevoir les dalles de couronnement.


capitelle-pierre-seche-pose-des-dalles1.JPGPose des dalles de couronnement

capitelle-pierre-seche-dalles-posees.JPGDalles posées
Le travail de toiture commence alors, les lauzes sont callées et croisées afin de faire glisser l'eau en dehors du bâtiment.

capitelle-toit-de-lauze.JPG

Toiture finie (©  Florian Bourgoin)

capitelle-pierre-seche-finie-2.JPGLa capitelle est terminée

 



Article édité le 27 mars 2010


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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 11:21
pierre-seche-état-avant-travauxEtat du terrain au tout début des travaux

L'aménagement du terrain dont le début est relaté ici a repris.

Il était en stand-by faute de pierres.
Lors de travaux sur un terrain voisin, de nouvelles pierres ont pu être approvisionnées.

restanque-pierre-secherestanque-et-escalier--pierre-seche











Etat à la fin de la première phase de travaux

Un aménagement provisoire en planche avait mis en place un nouvel aplat dans la pente et son soutènement. Celui-ci commençait déjà à plier sous la poussée de la terre.etat-avant-travaux-2etat-avant-travaux












Le soutènement provisoire en planches

Un mur de soutènement va être construit. Il donne au terrain  l'aspect traditionnel d'un aménagement en restanque.

mur de soutènement-pierre-seche-en-construction
Début des travaux

restanques-pierre-seche
restanques-et-escalier-pierre-secherestanques-pierre-seche











L'aménagement terminé, vu d'en bas

aménagement-paysager-pierre-secheaménagement-paysager-pierre-seche











L'aplat aménagé dans la pente

Mis en ligne le 22 janvier 2009
Mise à jour :

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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 18:16

Nous sommes en plein cœur de Marseille, quartier Bompard, ici les rues ne desservent pas tous les coteaux, et beaucoup de parcelles ne sont accessibles qu’à pied et à la condition de se concentrer sur le compte des marches pour ne pas trop se décourager.

 

Inimaginable d’y apporter la quantité de cailloux nécessaire à la création de restanques, à moins de débloquer un très gros budget uniquement pour la manutention. Du coup le terrain n’a plus été touché depuis le dernier coup de binette autour des oliviers, figuiers et amandiers qui profitent encore de l'ancien aménagement agricole.

 

état initial

Le chantier a consisté à créer un mur de soutènement au niveau de la maison. Celui-ci aménageant deux espaces plats, celui du bas en continuité avec la terrasse et la maison d’habitation, celui du haut destiné au jardin.

 

même axe, mur et escalier 1 finis, amorce du mur 2.

Lors du chantier et du terrassement, au fur et à mesure de la construction du mur, les pierres présentes sur place ont été triées, certaines ont été extraites de la roche, les cailloutis ont été réservés pour le drain, et la terre remontée pour permettre la culture.

 

mur 2

L’accès au terrain étant difficile, aucun matériau n'y a été apporté, et tous ceux présents sur place ont été utilisés. Ainsi, gravas, bris de verre, métaux, bétons et parpaings divers ont été recyclés dans le mur.

 

escalier 1 vu de dessus

La construction du mur a impliqué la création d’accès entre les niveaux d’où la construction de deux escaliers.

 

escalier 2, mur en construction

L’escalier d’accès au terrain depuis la « rue » a lui aussi été réaménagé afin de libérer de l’espace pour les circulations sur le replat du bas.

 

état initial

ecalier 3 fini

 

L’aménagement n’est pas intervenu sur l’aspect paysagé initial de l’espace (coteau à usage agricole). En le reprenant et en le réorganisant pour une vie plus citadine et familiale, il l’a au contraire davantage affirmé.

 

 escalier 1 

 

 accès depuis la rue et escalier 2

voici les photos de deux plantes bien adaptées aux conditions offertes par le talus du sommet d'un mur en pierre sèche, l'une est l'alyssum maritime qui pousse ici dans une faille du rocher qui sert de fondation au mur :

L'autre est une plante à bulbe dont je ne connais pas le nom, mais que quelqu'un qui lit ces lignes je l'espère va reconnaître et laisser un commentaire Hauteur de la plante fleurie de 8 à 13 cm, floraison en Mars-Avril...

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15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 16:22
 

Aménagement d’un talus à La Ciotat


Le terrain initial est un talus en forte pente qui a servi de décharge pour les gravas et les matériaux de construction lors de l’aménagement des lotissements avoisinants.

Tout en bas, un premier mur de restanque est toujours en place.

Les voisins se souviennent que d’autres ont été ensevelis par les déblais.

Le talus vu de la maison, avant travaux et travaux finis

Dans l'axe piscine-portail, avant travaux et travaux finis

Entre le portail d’accès par la rue (en haut du terrain) et le niveau de la piscine (où débute le mur de la première restanque) le dénivelé est approximativement de 5,5 mètres.


L’aménagement final est composé de 4 murs qui épousent la forme du terrain et le ceinture en aménageant des niveaux de jardins aplanis.

Les murs ont été volontairement incurvés pour animer le lieu et éviter un sentiment d’écrasement lorsque l’on se trouve au pied du talus et sur la terrasse de la maison.

Lors de l’aménagement pas moins de 38 mètres cube de murs ont été réalisés.


Pour le plaisir quelques photos de détails :

mis à jour le 11 IX 06

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2 août 2006 3 02 /08 /août /2006 08:57

Nous sommes en Drôme provençale.

L'enclos, entièrement construit en pierre sèche, protège un carré de terre à l'arrosage d'une quarantaine de mètres de côté. Un bassin en pierre millésimé du début XVIIIè indique que cet enclos fait partie d'un aménagement très ancien. Cette hypothèse est conforté par la très grande qualité de l'appareillage et l'utilisation de pierres non issues de l'épierrement des champs alentours, mais qui pourraient provenir d'une ancienne carrière située à moins d'un kilomètre du site.

L'éboulement n'est pas encore conséquent, mais les dégâts ne peuvent que s'accélérer.

De chaque côté de la passade, le mur s'effondre déjà sur un bon mètre.

 


 

La difficulté de construction d'un tel mur réside dans le fait qu'il possède deux parements. Il faut être particulièrement pointilleux dans le choix des pierres. Le temps de travail en est donc augmenté ainsi que le coût. 

Réaliser de nos jours un tel ouvrage en pierre sèche (120 mètres de mur de 2 mètres de haut) demande de gros moyens.

Si vous possédez un tel ouvrage, n'hésitez pas à procéder à un entretien régulier, ainsi qu'aux réparations au fur et à mesure que les dégradations apparaissent.

Le reconstruire à l'identique, après un abandon prolongé, pourrait se révéler hors de vos moyens. Un entretien régulier vous coûtera très peu et vous permettra de continuer à profiter de sa beauté.

 


 

 

 

 

La restauration du mur achevée

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24 octobre 2005 1 24 /10 /octobre /2005 00:00

Voici quelques photos du petit dernier :

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

Le mur soutient la terre du terrain du dessus dans la zone des jardins à Forcalquier.

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

L'intérêt du travail a consisté a reproduire l'aspect des murs de pierre environnants.

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

Les impératifs tels que la quantité de pierre, la pente, les murs existants...

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

... ont donné à ce mur sa forme courbe, son pilier, et son aspect général.

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

Détail de l'assemblage des pierres :

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

A bientôt...

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21 septembre 2005 3 21 /09 /septembre /2005 00:00

 

Nous sommes dans les environs de Forcalquier, il s’agit d’un jardin en restanques dont l’accès aux niveaux supérieurs est difficilement praticable et fort dégradé.

Le commanditaire désire conserver l’espace " dans son jus ", tout en privilégiant le côté esthétique d’un aménagement paysager. Les terrains sont agricoles, oliveraies et jardins potagers, à l’arrosage et exposés plein sud.

photo avant travaux

Après estimation, il s’avère que le lieu regroupe suffisamment de matériaux et de pierres.

Je propose donc, un aménagement de l’accès aux niveaux supérieurs par un escalier construit selon les techniques de la pierre sèche.

 

Les premières pierres

Je décide de n’utiliser ni cordeau, ni niveau, ni règle, et de ne me fier qu’à l’œil pour les lignes, et à mes pas pour définir le confort d’utilisation de l’ouvrage.

Je vais lors de cette réalisation aller au bout de cette attitude. Cela va me permettre de parfaire une technique particulière, qui s’avère être très adaptée à certains aménagements et qui libère de certaines contraintes techniques.

Dans le cas présent, cette attitude va me conduire à épouser la physionomie du lieu, m’adaptant à celle-ci à chaque nouvelle marche pour y inscrire l’escalier et les murs qui le soutiennent.

Le travail fini résulte ainsi autant du lieu que de mon intervention.

C’est, me semble-t-il, la condition qui a permis à l’ouvrage une telle intégration dans l’espace.

 

Une fois le niveau zéro déterminé, commence le décaissage de l’emplacement du futur escalier.

Je commence le travail de construction par la réalisation d’une calade qui tiendra lieu de seuil à l’ouvrage.

Les pierres suivantes

Chaque marche est profondément stabilisée dans le talus, et je calade le dessus des premières marches, ce qui a pour effet de les renforcer un peu plus par un effet de voûte.

Le mur est monté en même temps que progresse le niveau de l’escalier .

La terre décaissée est stockée plus loin au-dessus de l’ouvrage. Elle sera redescendue lorsque les nouveaux niveaux auront étés créés.

Les gravats, cailloutis et pierres tamisés de la terre sont utilisés pour la construction.

Dans le cas d’un mur de soutènement, la technique de la pierre sèche consiste en fait en un rangement précis et méticuleux des divers éléments que propose un site :

Une face visible du mur, dite parement, utilise les pierres dont la face est plate et l’assise stable.

Ce parement cache en fait une structure plus complexe : l’intérieur du mur.

Les pierres de toutes tailles y sont rangées le plus à plat possible, selon les lois de la gravité afin de surtout bien se caler les unes les autres.

Encore derrière, des gravats et cailloutis protègent le plus longtemps possible l’ouvrage des infiltrations de la terre, de la poussée de l’eau… il s’agit de ce que l’on nomme le drain.

Ce n’est qu’après ces différentes épaisseurs que l’on arrive enfin à la terre.

Etape suivante

Le traitement des marches supérieures s’inspire du pas d’âne. En effet, elles sont très larges, on y fait au moins deux pas et elles s’inscrivent dans la pente permettant ainsi une transition entre l’escalier et le chemin qui mène à la restanque du dessus.

Le chantier avance et monte le long du talus.

Il se finira par la construction d’un solide mur de soutènement qui relie l’ouvrage à un vieux mur que le figuier écroule et retient en même temps.

C’est dans ce mur, et pour ne pas prendre le risque de la déplacer, que j’ai aménagé une voûte pour garder un pied de vigne poussé là où passaient les fondations.(photos de détail).

Le chantier a été réalisé en autonomie totale, à l’exception de la fourniture de quelques belles pierres pour finaliser les marches.

 

C'est fini.

En matériaux : Aucun en dehors des pierres et de la terre du lieu.

En outillage : 1 pelle, 1 pioche, 1 tétu, des seaux, l’œil et le pas.

 vue d’ensemble de l’ouvrage fini 

Photos de détails

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20 septembre 2005 2 20 /09 /septembre /2005 00:00

 

Création d’une rocaille

Le jardin se situe dans les quartiers sud, à Marseille, au fond d’une impasse où l’on n’accède qu’à pied ou en scooter. Pour corser le tout, l’impasse est en pente très raide sur au moins deux cent mètres.

Du coup, au fond du jardin, là ou le regard ne porte pas, les gravats et les déchets des travaux se sont accumulés.

La situation ne date pas d’hier, le tas est gigantesque, et malgré son ancienneté il n’est vraiment pas esthétique, et prend dès le mois de mai la couleur uniforme d’une paille mal rasée.

L’idée est de ne pas avoir à déplacer le tas, et de permettre le réarrangement de cet espace en l’intégrant au reste du jardin. La solution doit exclure toute idée de transport !

Je propose d’utiliser le tas comme je traiterai un talus dans le but de construire un ouvrage en pierre sèche.

Au tri des pierres, se substitue alors celui des gravats.

Naissent ainsi, comme pour la pierre, plusieurs tas de gravats triés selon des considération de forme, de taille et d’utilité pour la construction du futur ouvrage.

Afin de minimiser le volume de travail je traite le tas de la même façon que je l’avais fait pour le talus lors de la construction d’un escalier dans la région de Forcalquier (dont vous pouvez aller consulter l’article sur ce blogue). Cette méthode permet de structurer un volume ou un terrain en pente, en réduisant le terrassement à un simple travail de pioche, effectué au fur et à mesure de l’avancée du chantier.

Grâce à cette technique, le décaissage d’un espace permet la construction de celui qui vient d’être préparé. Le stock des gravats issus du tri est simultanément consommé et renouvelé évitant ainsi l’encombrement du chantier.

L’autre effet de cette technique réside dans le volume qui en résulte, le lieu participant à son aménagement. L’intervention ne touche pas à la stabilité propre du lieu et y prend appui, évitant les surprises de terrassement et les lents tassages des terres rapportées.

Le tas de gravats va ainsi être ceinturé de mini-murs de soutènements qui naissent et meurent selon les courbes et les volumes.

La structure ainsi créée dessine des restanques et organise les matériaux afin de recevoir ensuite les végétaux.

Une face du tas a été creusée pour permettre le stockage et l’élimination de la plus grande quantité possible de déchets végétaux par compostage.

L’autre face, plus visible, devient une grande rocaille.

La rocaille est désormais plantée :

Pour les gros sujets : deux arbousiers, un tabac glauque, un genêt.

Pour le reste : Iris, Yucca, orpin, joubarbes, valériane, euphorbes, des ficoïdes et des cactées.

De très belles fleurs y ont généreusement fleuri ce printemps. Elles se sont naturellement implantées, profitant certainement de l’aération du sol que l’activité à généré. Après recherches il semble qu’il s’agit de " crépides (tolpis barbata) "

 

 

Photos d'un autre aménagement que j’ai réalisé dans ce même jardin.

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