La pierre sèche est aussi présente dans les salles de cinéma.
La liste des films cités ci-dessous n'a rien d'exhaustif, elle se limite à ceux que j'ai eu l'occasion de voir dernièrement, mais j'espère que des visiteurs cinéphiles y apporteront leur
contribution ...
Le mariage de Tuya
Film réalisé par Wang Quan An (Chine
2006)

Si aujourd'hui, dans nos contrées, construire en pierre sèche est un acte souvent esthétique, comme partout ailleurs, à l'époque où le caddie
n'existait pas, il était dicté par la nécessité pour l'homme de
s'adapter à son environnement en utilisant au mieux les matériaux et les ressources qui l'entourent.
Le film de Wang Quan An, Le mariage de
Tuya, interprété par la superbe Yu Nan, prend pour décor l'environnement paysan de la province de la Mongolie Intérieure en Chine. Vous y verrez, encore en vie et en état de marche, des
structures et des constructions en pierre sèche, le tout vibrant de lumière, d'humour, et des sentiments. 
Des temps et des vents
Film réalisé
par Reha Erdem (Turquie 2006)
Aujourd'hui, sur les rives de la mer Egée, nous suivons la vie d'un petit village rural à travers le prisme de la relation Parents/Enfants.
Dans ce film, un père fait construire un mur en pierre sèche à ses fils ...
Sa Majesté Minor
Film réalisé par Jean-Jacques Annaud (France 2007)
L'action se déroule aussi en mer Egée mais au néolithique, le village est en pierre sèche.
Bravo aux décorateurs, dans cette reconstitution, aucun coup de sabre, aucune anomalie de construction, même dans les gros plans. Mais construisait-on vraiment ainsi à l'époque ?
Article édité le: 18 V 08
Mis à jour le:
Je reçois de votre part, chers lecteur(e)s de ce blogue, un courrier de plus en plus important. Je vous en remercie vivement.
La question qui m'est le plus souvent posée est :
"Où puis-je me procurer les pierres pour réaliser mon ouvrage maçonné à la pierre sèche?"
C'est effectivement le premier obstacle à la construction en pierre lorsque l'on n'a pas la chance d'avoir un jardin truffé de pierres qui apparaissent à chaque coup de pioche.
Voici quelques pistes pour répondre à cette question :
Les carrières.
Pour la région Paca, Les carrières sont répertoriées par département (changez juste le numéro du département pour le reste de la région) http://www.drire.gouv.fr/paca/ssol/carrieres/carr84.htm pour le vaucluse. Pour les autres régions, exercez vos talents d'internautes!
Les négociants de matériaux.
Ceux-ci commercialisent aussi de la pierre, ils peuvent vous renseigner, voire se renseigner auprès de leurs fournisseurs...
Les terrassiers
Selon les chantiers, les entreprises de terrassement peuvent brasser de la pierre, n'hésitez pas à les contacter.
Les entreprises de travaux et les démolisseurs
Certaines entreprises ne verront pas d'inconvénients à vider un camion provenant de la démolition d'un d'ouvrage en pierre dans votre jardin. Ces pierres auront l'immense avantage d'avoir déjà servi à monter des murs !
Et si vous habitez la campagne, une dernière piste, les tas d'épierrement des activités agricoles.
Bonne chasse et n'hésitez pas à participer à cet article par vos commentaires et vos solutions. Lisez également les commentaires de cet article, vous y trouverez peut-être
des indications de la part de leur auteur.
mur pillé
ATTENTION!
Devant la demande croissante de pierre et l'envollée de son prix, certains constructeurs et fournisseurs n'hésitent pas à piller les ouvrages en pierre sèche pour (vous)
s'approvisionner. Soyez vigilants, pour ne pas participer au pillage, exigez que les pierres soient extraites dans le respect de l'environnement.
après un pillage, le sol n'est plus retenu, l'érosion peut être sévère.
La Corse est belle !
Certains de ses paysages le doivent à l’utilisation de la pierre sèche. Voici quelques clichés pris lors d’un périple dans le nord de l’île…

"Poulailler aménagé dans un abri sous roche" avec enclos à Cannelle (Cap Corse)

Détail du mur d’enclos de ce poulailler.

Toujours à Cannelle coupe d’un mur de soutènement suite à son effondrement.

Escalier à la sortie de Pino


Un peu plus loin, toujours à Pino, entrée d’enclos datée et signée.

Restauration astucieuse d’un escalier volant avec une barre de fer plantée

Porte Fabriquée à partir d'une tête de lit métallique

Au sommet des certains murs de soutènement, ici à Canari, des dalles sont posées à chant. Lors de la visite du musée de l’Adecec (Association pour le Développement des études archéologiques historiques linguistiques et naturalistes du centre est de la Corse) à Cervioni, j’apprendrai que ces pierres plantées sont appelées des «baroni».
Arrivés vers Morosaglia (à l’entrée de la Castaniccia) dans le Nebbiu, on peut voir des pagliaghji (pagliaghju au singulier et traduit par « pailler » en français). Un sentier guidé et commenté par l’Associu opera di Rutali vous en fera découvrir tous les aspects à Rutali (http://www.cddp-haute-corse.fr/opera_di_rutali/)

On peut y voir ce pagliaghju dont l’enclos sert de sépultures à des soldats nord-africains tombés lors de la libération par les troupes alliées.

La voûte à encorbellement des pagliaghji dans lesquels j’ai pu pénétrer commence à peu près à la hauteur des épaules et se termine par une couverture dallée. D’aspect modeste à l’extérieur, le volume intérieur de ces bâtiments est très spacieux, on ne s’y sent pas du tout à l’étroit.

Des vaches s’y abritent, ce qui explique que beaucoup sont fermés par des portes en bois

Pour finir et pour vous donner une idée de la solidité des pagliaghji, un chaînage d’angle en béton !

Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas parler d'une réalisation personnelle, cet article ne fait que reprendre et vous informer de l'engagement de Gilles Fichou pour la sauvegarde d'une cabane en pierre sèche dans l'Hérault. Celle-ci est menacée par la déviation d'une départementale,
si vous souhaitez participer à cette action cliquez sur :
http://www.pierreseche.net/destrprot.htm#campanier
vous pouvez aussi participer à son action dans le cadre du téléton :
"Reconstruction d'une cabane en pierre sèche (dite capitelle) pour le téléthon
2006 à POUSSAN (34) (8, 9 et sûrement 10 décembre 2006 et plus ...).
Renseignements et inscription (obligatoire) : pierresdiris@free.fr (site de
l'association : www.pierreseche.net) ou auprès de l'association : PIERRES
D'IRIS 1, chemin du Thô 34560 VILLEVEYRAC ou encore en laissant un message au
06 09 40 43 48 (n'oubliez pas de laisser votre n° de téléphone : fixe et/ou
mobile). AU CHOIX : vous pouvez choisir une journée ou bien toutes les journées
si vous êtes courageux (se) ... Toutes les bonnes volontés vont être nécessaires
pour arriver à concrétiser cette entreprise. Chacun peut apporter "sa pierre à
l'édifice" !
La construction va être réalisée à l'entrée de POUSSAN (34), côté SETE, à droite
du rond-point."
Ce blogue a un an !

Un an et déjà 15.000 visiteurs et 60.000 pages visitées !
La vie du net permet ses rencontres et ses affinités, des "liens" particuliers. Voici donc une petite revue de contacts privilégiés :
Remerciements particuliers à Christian Lassure qui, le premier, a remarqué ce blogue et l'a fait connaître dans un article de son journal de la pierre sèche.
Bravo au Portail-forum-site de l'association Pierres d'iris, très complet et souvent mis à jour.
Vous avez là concentré, avec ces deux premières adresses, la plus grande part du net français sur la pierre sèche.
Merci au journal Pierre Actual, le journal des professionnels de la pierre et des carrières pour son article dans le dossier sur la pierre sèche, publié en août 2005.
Autoconstruction, un petit salut à Didius, et à son aventure dans son petit coin Martégau.
Visitez le blogue "du chevalier 38" passez lui vos commandes, il est très efficace et passionné par les châteaux. Attention pas d'esprit de clocher ! (sauf si il s'agit d'un donjon recyclé bien entendu).
Courage à L.N. son étude est presque bouclée ...
Merci d'avoir visité, de vous être abonné, d'avoir parlé de ce blogue ...
Article Galerie
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Je vous propose une exposition de parements.
Pour chaque mur réalisé, j'ai coutume de prendre une photo de sa structure extérieure appelée parement.
( Le parement est la face visible du mur, une fois que celui-ci est achevé. )
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Chaque terroir est différent, souvent d'un côté à l'autre d'un terrain la pierre change, sa géologie, sa forme, son volume, le nombre de fois que l'homme l'a utilisé, le temps écoulé depuis son extraction....
Mille et un facteurs qui font qu'aucun mur en pierre ne ressemble à un autre.
Le résultat de tous ces facteurs, auxquels se rajoute la patte du constructeur, donne les structures toutes différentes que je vous propose de découvrir ici à travers quelques-uns des murs que j'ai montés. Notez que tous les murs ont été réalisés avec les pierres du lieu.
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Dans l'est-varois, à Seillans (Var)
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A Marseille, quartier Saint-Jérôme (BdR)
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A Marseille, quartier Saint-Antoine (BdR)
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A Marseille, Quartier Bompard, avec des déblais (BdR)
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Dans l'est du Luberon (vaucluse)
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Toujours dans le Luberon, non loin (Vaucluse)
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A Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence)
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Toujours à Forcalquier. Et de deux
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A Forcalquier, un pierrier en attente
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A Forcalquier encore, n°4
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Cinquième et dernier sur Forcalquier
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A Digne-les-Bains (Alpes-de-haute-Provence)
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A Laragne (Hautes-Alpes)
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A Camps-sur-l'Agly (Aude)
Toujours à Camps-sur-l'Agly
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A Grignan, dans la Drôme
à La Ciotat (BdR)
Avec de la marseillaise, un des caractères les plus difficiles qui soient...
A nouveau à La Ciotat (BdR) avec de la pierre d'affleurement
mis à jour : Janvier 2008
Vous êtes quelques-uns à vous être abonnés au blogue pierre sèche. Je vous en remercie vivement.
Beaucoup d'activités, de travail ne me permettent pas dans l'immédiat de passer du temps bien au chaud devant l'écran de l'ordinateur.
Des articles en rendront compte bientôt,
restez donc abonnés et visitez en attendant les liens vers les sites ayant trait à la pierre sèche. Liste de liens qui s'allonge régulièrement dès que je découvre un nouveau site.
Cordialement.
Un autre "voyage dans les mots", c'est là, sur le blogue d'Océania
Louis Cappatti dans l’article : Peillon, Revue Nice Historique, 1924 p16.

Si aujourd'hui, dans nos contrées, construire en pierre sèche est un acte souvent esthétique, comme partout ailleurs, à l'époque où le caddie n'existait pas, il était dicté par la nécessité pour l'homme de s'adapter à son environnement en utilisant au mieux les matériaux et les ressources qui l'entourent.
Le film de Wang Quan An, Le mariage de Tuya, interprété par la superbe Yu Nan, prend pour décor l'environnement paysan de la province de la Mongolie Intérieure en Chine. Vous y verrez, encore en vie et en état de marche, des structures et des constructions en pierre sèche, le tout vibrant de lumière, d'humour, et des sentiments.

La chanson du murailleur
Le silence des mots, obscur et lent empilement de signes,
comme l’odeur de la pierre sur mes mainsde retour le soir,
au bout du mur,
est un lieu rond où je me rends,patient,visage buriné,
écrit sur toutes les faces,où s’ouvrent toutes les portes
et qui les condamne toutes.
Le silence des mots
au bout du soir, le labeur terminé,
il est juste derrièrece n’est pas un secret
c’est le seul lieu où je ne suis plus seul.
Louis Cagin I/05
"27 juin 1967: La petite économie. Dans la cour de devant les joints d’entre les pavés sont remplis de pâquerettes. En retournant le jardin, on découvre sans cesse de nouvelles pierres : il faut les exhausser. Je les réunis en un tertre, le couvre de terre et y plante de la mousse. Il commence à fleurir, la décharge s’est changée en un lieu charmant. Les algues fleurissent elles aussi ; le marbre des pierres tombales se teinte de rouge. »
"16 septembre 1970 : Le printemps humide a tout fait monté en tige : La mousse du tertre, les coloquintes, les zinnias.(…)"
« 6 septembre 1972 : Sous la tonnelle, un jeune hérisson, qu’Indra (ndl : le chat) a flairé et qui n’a pas tardé à disparaître.Ces petites créatures savent se dissimuler dans les jardins comme peu d’autres.Mais quels habitants ou quels visiteurs ont-ils élu mon tertre de pierres, que j’avais si richement couvert de mousse verte et qui a maintenant l’allure d’une ruine ?"
"... et les pierres que tu as entassées, que tu entasses, vers où jettent elles les ombres et jusqu'où ? Et le vent qui les effleure; et le vent dérobe-t-il une ombre à ces ombres, la met-il à tes mesures ?"
"Und die Steine, die du haüftest, die du haüst : wohin werfen sie die Schatten, und wie weit ? Und der Wind, der drüber
hinstreicht, und der Wind : rafft er dieser Shatten einen, miSt er ihn dir zu ?"
comme incitation de l'heure
Cailloux et galets. Et un éclat de verre, grêle
Echange d'yeux, enfin, à contre temps :
résistant à l'image
devenu bois
la rétine
en signe d'éternité.
Pensable :
Là haut, parmi les travées du monde,
Stellaire,
le rouge de deux bouches.
Audible (avant l'aube?) : une pierre,
qui prit une autre pour cible
Dans le recueil "renversé du souffle"
La Halde (Dans le recueil "de seuil en seuil)
"C'est à peu près dans ce temps là qu'il souhaita s'éloigner du Viminal et des collines les plus urbaines (note de lecture : nous sommes ici à Rome en -24), Il trouva à se rapprocher du Tibre (...). Il ne voulu qu'une cabane de pierres plates sans mortier, avec deux pièces sans fenêtres. (...). Il mit deux ans à faire recouvrir la cahute de tuiles neuves et jaunes (...) le sol était sans pavement, il mettait des tapis de laine sur le sol pour s'asseoir."
"L.J. Gallion devint sénateur, Porcius Latron ne devint rien. Sur le bord de la rive, devant la cabane de pierres sèches, les inondations et la pluie avaient mis à nu des gros caïeux qui sortaient de terre. derrière la maison il y avait un bois d'olivier et un champ planté de froment moissonné.(...) plus loin s'étendaient la vigne et la plaine."
"Auguste citait volontiers ce mot de Porcius : ' Mon corps est un ru de boue qui n'est pas continu. Ma demeure un amas de cailloux qui tient debout par hasard. Ce que j'ai inscrits ce matin sur mon morceau de buis est moins personnel que ce que la bave lumineuse de l'escargot a noté sur sa feuille de laitue.' "
Cependant mon grand-père, qui n’était pas « monsieur l’aîné », n’hérita pas de la cartonnerie et il devint je ne sais pourquoi tailleur de pierre. (…) Il me parlait souvent de son métier ou plutôt de son art, car il était maître appareilleur.
Il n’estimait pas beaucoup les maçons : « Nous disait il, nous montons des murs en pierre
appareillées, c'est-à-dire qui s’emboîtent exactement les unes dans les autres, par des tenons et des mortaises, des embrèvements, des queues d’arondes, des traits de Jupiter… bien sur nous
coulions aussi du plomb dans les rainures, pour empêcher le glissement. Mais c’était incrusté entre deux blocs, et ça ne se voyait pas ! Tandis que les maçons ils prennent les pierres comme
elle viennent, et ils bouchent les trous avec des paquets de mortier … Un maçon c’est un noyeur de pierres, et il les cache parce qu’il n’a pas su les tailler. »
Plus loin lorsque le petit Marcel s’est perdu en voulant suivre son père à la chasse… « Je découvris une sorte de hutte conique, faite de pierres plates, et très ingénieusement disposées. Chaque rang circulaire avançait vers le centre, de la largeur d’un doigt, si bien qu’au sommet, les cercles diminués à chaque étage, finissaient par se rejoindre. Le dernier laissait un vide grand comme un assiette, qui était couvert d’une belle pierre plate. La vue de ce refuge me rappela ma triste situation. (…) Je n’y entrais pas tout de suite (…)A travers le trou qui servait d’entrée, je plongeais un rameau de pin, que j’agitai dans tous les sens, en proférant quelques menaces. Le silence me répondit. Avisant une meurtrière, j’examinais l’intérieur. Il n’y avait rien si ce n’est une couche d’herbes sèches, sur laquelle un chasseur avait du dormir. Je me glissai dans la hutte que je trouvai fraîche et sûre, là du moins je pourrai passer la nuit à l’abris des fauves nocturnes mais je constatais avec inquiétude que le trou d’entrée n’avait pas de porte !… J’eus aussitôt l’idée de réunir un bon nombre de pierres plates et de le boucher par un petit mur (…).Première déconvenue, il n’y avait pas une seule pierre plate autour de la hutte. Où donc le berger avait il trouvé celles qui lui avaient servi ? Je compris dans un éclair de génie qu’ils les avaient prise là où il n’en restait plus. Je n’avais qu’à chercher plus loin, ce que je fis avec succès… Pendant que je transportais ces matériaux –qui m’écorchaient les mains- je pensais : « pour le moment personne n’a d’inquiétude. Mais quand ils (les chasseurs, le père et l’oncle de l’enfant Marcel) vont rentrer quelle catastrophe. Maman va peut être s’évanouir ! En tout cas elle va pleurer. Sur quoi je me mis à pleurer moi-même, tout en serrant sur mon ventre écrasé une pierre parfaitement plate, mais qui pesait autant que moi. »
Toute l'émotion que l'on éprouve à construire un mur en pierre sèche est résumée en quelques dessins.
"Est-ce le mur qui tient l'arbre ou le contraire?et les racines, jusqu'où vont-elles?
je ne sais pas. Des hommes ont habité là. Quand je frappe avec ma serpe sur les ronces qui effacent les chemins, je sens ces hommes dans mes bras."
" Là couma aco es béu!"
Dans "Le Fleuve Alphée", de Roger Caillois aux éditions Gallimard, 1978
"Elargissant sans cesse le cercle d'une solidarité qui me diluait au plus lointain de moi même, j'en vins à rencontrer dans les pierres la récompense souhaitée. Elles se révélèrent peu à peu comme un album gigantesque. Situées à l'extrême de la taciturnité, elles étaient placées du même coup aux antipodes de l'homme et de la pensée. Je les devinais contenir en leur masse impassible et perdurable la totalité des transformations possibles de la matière, sans rien en exclure, ni même la sensibilité, l'intelligence, l'immagination."
"Subsistent les pierres qui sont un monde à elles seules; peut-être qui sont le monde, dont tout le reste, l'homme le premier, sommes excroissances sans durée."
"Dans le même temps je cherche à donner à mes phrases, même transparence, même dureté, si possible, -pourquoi pas?- même éclat que les pierres. (...) Les pieres, présentes à l'origine des choses, se confondent avec les choses mêmes. Et rien d'humain qui ne leur soit irrémédiablement étranger. Elles subsisteront dans l'espace sidéral après l'universelle et l'inévitable dissolution. Les vestiges d'un parasite d'un jour ne seront plus que trace dans l'épaisseur des pierres. Fossile pour personne.
Je laisse les images m'assaillir, prolonger la pierre, (...). Je n'attends pas d'accéder à quelque révélation. C'est une simple pierre que j'ai toujours sous les yeux. Qui ne me dévoile pas le moindre secret.(...) Je ressent un calme bonheur. Je me trouve récompensé, (...). Je reçois la confirmation d'un savoir que je ne savais pas m'appartenir."
Dans "Respirer l'Ombre" de Giuseppe Penone, aux éditions E.N.S.B.A, 1999-2004
"La pierre attend les mouvements végétaux. Elle est comme un fragment de mer. Elle a la même valeur visuelle que l'eau qui inclue les récifs et lèche la côte mais, contrairement à la mer, c'est elle qui est peu à peu enveloppée par l'expansion lente et fluide du végétal"
"La capacité qu'ont les pierres de se soulever du sol ressemble à celle des albatros qui, grâce à l'envergure de leurs ailes, exploitent les courants ascendants de l'air,"
"Une pierre qui se lève de terre sous l'effet de la pluie, de la rosée. Une pierre qui vit les variations de l'humidité du milieu où elle se trouve est une sculpture en plein air. La corde végétale qui attache la pierre, rétrécit avec la pluie et la soulève."
Trouvé par un ami dans le "Journal de bord" de Pierre Guyotat, qui cite le conte de "Jean des pierres". (Ce conte d'origine bretonne, raconté par Pierre Jakez-Hélias "Les autres et les miens" a récemment été repris par J.Y. Royer dans une version "murailleur provençal" et chanté par Renat Sette)
"Un soir de tempête, il était couché avec sa femme, mais il ne pouvait dormir. Il se retournait sans cesse dans son lit. Tout à coup, à sa femme: "Il faut que j'y aille, j'entend une pierre qui souffre, elle m'appelle!". Le lendemain matin on l'a retrouvé mort. Le mur s'était écroulé autour de lui, mais aucune pierres ne l'avait touché dans sa chûte. Il serait sur son coeur la pierre qui souffrait."
Un autre conte, mettant en scène lui aussi le carractère d'un murailleur. Il s'agit de "La Grande muraille", de Claude Michelet édité en 1981 aux éditions Robert Laffont. Firmin y hérite d'une parcelle de pierre, il passe sa vie à en faire un jardin, clos d'une monumentale muraille maçonnée à sec.
"Je suis le riche propriétaire d'une pièce que personne n'a jamais pu cultiver et que personne ne cultivera jamais car les cailloux cachent la terre"
"Les hommes s'étaient servis du lieu pour se débarrasser des innombrables pierres ramassées dans les champs. A la base des tas c'était les gros moellons, ceux qu'on enlève lorsqu'on décide de défricher une pièce. Et puis peu à peu par étage le volume des quartiers diminuaient. Les tas étaient couverts de petites caillasses grosses comme le poing que des générations de femmes et d'enfants avaient glannées derrière les herses."
"Une belle muraille, pas avec des pierres en vrac mais avec des pierres que je rangerai et chacune aura la place qu'elle devra avoir"
"Un quartier monstrueux, d'au moins quatre quintaux l'occupa pendant plusieurs jours car il voulait coûte que coûte que ce rocher prenne place dans les fondations"
"La muraille atteignit un mètre ciquante de haut. A sa base une large bande de terre rouge, mis au jour par l'enlèvement des pierres se fendilla sous le soleil."
"Et la muraille s'éleva, belle, majestueuse. Elle s'étira peu à peu comme un long reptile blance. Derrière sa tête monstrueuse, couverte d'un jardin fleuri,elle déroula son corps en une courbe douce qui épousa la forme du champ."
Gérard de Nerval "vers dorés"
"Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres"
Un article sur le spectacle "bâtir avec des pierres et des mots"
Vous qui passez par ici, n'hésitez à faire vivre cet article en indiquant des textes qui pourraient y être inséré, merci d'avance de laisser un commentaire!
Mis à jour le 29 mai 2008


