Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : un blog pierre sèche - a Dry-stone Blog
  • un blog pierre sèche - a Dry-stone Blog
  • : This blog allows one to obtain and share information about dry stone. It is written in the form of a notebook of a landscape gardener and shows my projects (walls, retaining walls, calades, stairs) as well as my landscaping work.
  • Contact

1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 14:14

 

Les systèmes de rupture de la structure maçonnée à pierres sèches destinés à l’entretien des ouvrages de soutènement.

 

Exposé présenté le samedi 22 septembre 2012 à Talana (Sardaigne) dans le cadre du XIIIème congrès international sur la pierre sèche

 


  

Techniques observées sur des murs de soutènement « paysans » en France, à Ganagobie (Alpes-de-Haute-Provence) et à Fayence (Var).

 

 



 

I/ Brève analyse de la structure maçonnée des murs de soutènement en pierre sèche

Quatre règles lors de la pose des pierres:

L’assise

Le croisement

Le blocage

Le fruit

 

Un seul liant : le poids et les forces internes et externes au mur

 

Liées par les forces qui s’exercent sur les pierres, si ces règles sont respectées pour chacune, un mur en pierre sèche est une construction se comportant comme un monolithe. Une structure monolithe souple capable de rupture au niveau de chaque joint entre les pierres. Enlever une pierre de cette structure équivaut à « filer » un tissus, c’est le début de la ruine du mur. (approfondir ces notions support théorique d'un cours "pierre sèche"  )

Le rôle du drain

A l’arrière de la maçonnerie du soutènement proprement dite, est installé un drain. Il optimise la durée de vie du mur en remplissant les fonctions de :

Tampon entre le sol et le mur, il désolidarise les poussées du sol

Filtre à particules, il retarde le remplissage des joints par le sol

Drain, il évacue l’eau et assèche l’ouvrage

 

Le profil et le volume du drain varie selon les terroirs et leurs ressources en pierre (approfondir ces notions Le drain d'un mur de soutènement en pierre sèche ).

Nos deux exemples ici développés son représentatifs de cette variation, de quasi inexistant à Ganagobie à surdimensionné à Fayence.

 

 


 


 

II/ Il est autant de façon de construire des soutènements en pierre sèche qu’il existe de terroirs.

 Si l’application des quatre règles est universelle, les ressources lithiques propres à chaque terroir s’imposent au maçon. Les pierres conditionnent les solutions techniques adéquates pour obtenir cet équilibre. Le maçon adapte donc la structure maçonnée et les divers éléments composant le mur dans le but d’optimiser la durée de vie de son ouvrage et de rendre son entretien le plus léger possible.

 

 




III/ Les systèmes de rupture de la structure maçonnée à pierres sèches

 sont des solutions développées pour palier aux défauts induits par les ressources lithiques de certains terroirs. C'est un outil efficace pour alléger l’entretien des ouvrages de soutènement. Ils sont utilisés lors de la conception ou de la restauration des murs.

Ils ont pour conséquence de dissocier en plusieurs segments indépendants un même mur, créant des ruptures dans la structure monolithe afin d’arrêter le « filage » du mur lors de son usure.

 



 

IV/ Étude des systèmes de rupture de la structure maçonnée à pierres sèches destinés à l’entretien des ouvrages à Ganagobie, Alpes-de-Haute-Provence, France.

mini-photo01-DSCN6851.JPGmini-photo02-ganagobie-004.jpg

Le chainage d’angle intégré

Technique pour la première fois décrite dans un article publié en aout 2007 sur le site du CERAV. http://www.pierreseche.com/chainage_integre.htm

 

Il apparait à l’analyse de ce mur que le chaînage ne renvoie pas à une étape antérieure de sa construction ou à un vestige d’aménagement mais qu’il a été la solution apportée lors de la restauration partielle du soutènement.

Cette solution permet de gérer de façon optimale la reprise d’un mur de soutènement partiellement ruiné. 

Il agit au niveau de la maçonnerie au point de rencontre entre la partie neuve et l’ancienne. En effet l’ancien mur est un facteur de fragilisation du mur nouvellement construit. Cette fragilisation est renforcée par la difficulté de croiser correctement les pierres du nouveau mur avec celles de l’ancien.

La partie neuve du mur est arrêté par le chaînage qui le désolidarise de l’ancienne. Ainsi, lors de l’écroulement ou la destruction de l’ancien morceau de mur, le mur restauré reste debout et n’est pas emporté.

mini-photo3-P1220090.JPGmini-photo4-P1220110.JPG

Le chaînage stoppe l’éboulement en longueur…… et en profondeur.

Le chaînage permet également  de gérer le raccord de fruit et le différentiel d’angle mini-photo5-DSCN6853.JPG

Il permet de travailler en sécurité lors des reprises ultérieures du mur, le mur ancien est alors démoli jusqu’au chaînage et repris sans danger d’éboulement. mini-photo6-P1220099.JPG

 C’est une solution simple à mettre en œuvre et très économique en temps de travail à long terme pour l’entretien des soutènements. Je la mets personnellement en œuvre lors de restaurations partielles de murs.

 



 

IV-a/ Deux exemples de mise en œuvre de chaînages d’angle intégrés

 

A Forcalquier,

mini-photo7-DSCN4627.JPG 

Observez le chaînage d’angle désolidarisant le mur assisé sur le roc du mur fondé sur l’arc de décharge

A Nyons,

mini-photo8-DSCN0001A.JPG

Vue d’ensemble, avec à droite de la photo le mur ancien non restauré

mini-photo9-DSCN4449.JPG

Détail du chaînage d’angle de rupture intégrant l’installation d’une niche

 

 




V/ Étude des systèmes de rupture de la structure maçonnée à pierres sèches destinés à l’entretien des ouvrages à Fayence, Var, France.

mini-photo10-P1030023.JPG

Les piliers de rupture

Partant du même principe de rupture de la structure maçonnée, le dispositif de pilier observé sur deux murs de soutènement à Fayence a été installé dès leur conception.

Ces piliers sont espacés, dans les murs observés, d’environ 5 mètres les uns des autres et sont conçus comme des points forts dans le soutènement. Ils arrêtent la ruine du mur et permettent un entretien léger se limitant à des portions ponctuelles de soutènement.

Par leur présence ils entrainent également la présence de chaînages d’angles dans la maçonnerie lorsque celle-ci est contigüe avec les faces des piliers, ce qui a pour effet de renforcer encore le soutènement.

Ce dispositif de pilier s’explique par la structure du soutènement. Il palie en fait à la ressource insuffisante en pierre à bâtir sur place. Les murs sont en effet des « murs gabions », maçonnés peu profondément en parement et doublés d’une grande épaisseur de drain pouvant aller jusqu’à 2m de profondeur.

                              mini-photo11-ganagobie-coupe.jpgmini-photo12-fayence-coupe.jpg              

Le dispositif de drain est suffisant pour contrecarrer les poussées du sol. La fragilité des murs tient à la faible épaisseur de l’espace maçonné qui, avec l’usure des pierres, se déstabilise. Le parement tombé, le drain, qui n’est plus maintenu, coule au sol

mini-photo13-P1020024.JPG

Le mur-drain coule                    

mini-photo14-P1020999.JPG

parement maçonné et drain profond (vue de dessus)

mini-photo15-P1030036-copie-1.JPGmini-photo16-P1030389.JPG

Restauration du mur structuré par deux piliers

mini-photo17-P1030025.JPGmini-photo18-P1030003.JPGmini-photo19-P1030006.JPG

quelques photos du pilier observé lors de la restauration. Composé de blocs empilés

de 60cm de côté

mini-photo20-P1030030.JPG 

autre pilier du mur

mini-photo21-P1020041.JPG 

pilier composé de blocs plus petits, de structure maçonnée croisée

mini-photo22-P1020031.JPGmini-photo23-P1020032.JPG 

sur la longueur des murs on trouve également des chaînages d’angle

 


 



Va/

On peut observer des dispositifs de pilier ailleurs qu’à Fayence sans confirmation que l’intention du bâtisseur soit celle développée plus haut. Ces piliers confirment néanmoins leur qualité de renfort et de stabilité.                                                                          mini-photo24-P1030750.JPG

photo24

mini-photo25-P1020689.JPG

photo 25

A Taulignan (drôme) (photo24), ce pilier structure et retient un bout de mur ruiné,    

à Nyons (Drôme) (photo25) Ce pilier reste le seul vestige d’un soutènement ruiné


 



 Vb/

Pour élargir le champ d’utilisation des ruptures latérales de la structure maçonnée

Un exemple à Crevoux (Hautes-Alpes), où l’installation d’un système de clôture en mélèze structure la maçonnerie selon un dispositif de ruptures latérales.

 

mini-photo26-P1030883-copie-1.JPG

 

mini-photo27-P1030884-copie-1.JPG

mini-photo28-P1030885.JPG

 

RETOUR AU SOMMAIRE

Article mis en ligne le 1er octobre 2012

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by L. G. - dans Pratique
commenter cet article

commentaires