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Lundi 5 septembre 2005

Aménagement d'un espace rural

La pierre sèche ne se résume pas à un aménagement paysagé, à un ouvrage pour faire beau ou pour retenir la terre, ni à un phénomène de mode.

C’est une technique de construction qui nous fait participer à l’organisation globale d’un lieu. Mise en œuvre avec la seule utilisation des matériaux présents sur le site, et en se référant au contexte d’une économie de subsistance, elle permet de créer un aménagement qui se confond avec le lieu où il s’inscrit.

Elle génère alors dans l’espace une variété multiple de "terroirs ", une garantie de diversité, et l’assurance de "friches " stables, au sens où l’a étudié le paysagiste Gilles Clément.

Ce chantier, parce qu’il a été réalisé il y a vingt ans, illustre cela

C’est mon premier chantier en pierre sèche digne de ce nom. Il est situé sur la propriété familiale et a duré deux bons mois. Il s’agit d’une remise en exploitation, pâtures et terre à l’arrosage, de parcelles abandonnées.

La pierre sèche est l’élément structurant du lieu. Le choix de cette technique m’a permis d’aménager l’espace seul, avec uniquement des outils manuels, et sans entretien préalable des voies d’accès pour les véhicules.

Aujourd’hui encore, ces ouvrages en pierre sèche organisent toujours le lieu, le drainage, le soutènement, la clôture, etc.

Le cadastre indiquait que nous possédions quelques parcelles isolées dans un endroit inaccessible, et mangé par les broussailles. Un chemin était mentionné, là où une piste à sanglier permettait encore difficilement d’accéder à un vieux pont sur la rivière.

Après quelques jours de débroussaillage le sentier s’avère être un chemin assez large. La saignée restructure très rapidement l’espace : les quatre parcelles indiquées par le cadastre se laissent maintenant deviner, ainsi que tout un réseau de fossés d’écoulement des eaux.

Le travail révèle chaque jour les indices de plus en plus nets de l’activité passée ; une haie de très vieux pruniers, un figuier, le faîte d’un cerisier majestueux, l’émergence d’un mur en pierre sèche et d’un talus.

Je nettoie tous azimuts, enlève systématiquement la sauvagine composée uniformément de prunelliers, pruniers sauvages, aubépines et de jeunes chênes. Je garde par contre tout ce qui a été planté de main d’homme, ou qui peut être greffé.

En une semaine, la couche de végétation défrichée, la surface, où il y a une cinquantaine d’années, les hommes s’activaient est désormais redécouverte.

Il s’agit d’un endroit structuré autour d’une source fine.

La source presque perdue, est à l’angle de murs en pierre sèche. Elle coule dans un bassin en terre de collection des eaux, puis un tunnel d’écoulement la fait passer sous le chemin, un fossé la draine vers la rivière.

Tout est encore là, même un verre au pied cassé et son fer pour le poser dans le mur, indiquant que l’eau était potable.

Le défrichage des abords terminés, je commence à dessoucher la parcelle à l’arrosage. Les souches et le bois sont stockés en tas pour servir de chauffage.

Lors de cette activité émergent des pierres que je trie de la terre, et qui commencent à encombrer le chantier.

Habitué à sortir les pierres des champs pour reformer les murets des bords de pâture, repetasser les morceaux de murs éboulés des talus, j’avais de quoi faire… mais je ne m’étais encore jamais lancé dans la création d’un mur de A à Z.

Les tas de pierre ne cessent de grossir. Elles me servent donc à clôturer la parcelle à l’arrosage. Je réalise alors le mur qui servira en même temps de soutènement au chemin, et de clôture au jardin en contrebas.

Je flanque l’entrée de la parcelle de deux piliers en pierre sèche, et installe un banc à côté d’un très jeune cerisier. Mon père a conçu et installé la porte en bois de buis (visible sur les photos), j’ai inscrit les charnières dans la construction des piliers. Je restaure également tous les murs de soutènement du site. Je nettoie la source, et y installe un autre banc.

20 ans après ...

Le portail semble toujours avoir été là, le jeune cerisier est devenu aussi grand que celui que j’ai nettoyé à l’époque.

Le chemin cumule les balisages de sentiers pédestres et à cheval ; les promeneurs utilisent les bancs.

Une haie coupe-vent de cyprès, plantée à partir de semis maison, est aussi haute que des poteaux électriques.

                Sur les murs poussent les joubarbes et l’orpin.

Dans le jardin, mes parents produisent les betteraves, espèces de bonbons très prisés des vaches lors des longues soirées froides d’hivers à l’étable.

Les deux autres parcelles produisent un excellent foin, et une multitude de fleurs des près, et autres orchis, y fleurissent. On y trouve également des carriolettes et des mousserons pour l’omelette Pascale.

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Mardi 2 août 2005

Etat des lieux avant travaux

Il s’agit d’une villa avec jardin.

La rue par laquelle on y accède est à voie unique et l’on ne peut s’y garer.

Le terrain sur lequel la maison est construite est en pente.

Tout cela fait qu’il n’est possible de garer sur le plat aménagé par un mur en pierre qu’une petite voiture… et celle-ci dépasse encore un peu sur la voie.

Cela a pour effet secondaire de générer un coup de klaxon systématique de la part de tout véhicule qui emprunte la rue.

Par ailleurs le jardin demande des aménagements et l’évacuation de gravats et déchets. Une petite remise y menace ruine.

 

 

 

 

 

 

 

Une solution économique et écologique 

La demande du propriétaire est d’étendre l’aire de stationnement afin de pouvoir rentrer une voiture et d’évacuer les gravats.

La solution que je propose de mettre en œuvre est :

- Démolir le mur existant sur 4 m et en récupérer les pierres.

- Faire une extension de l’à-plat sur une profondeur suffisante pour se garer.

- Se servir des pierres pour le parement du mur de soutènement à construire.

- Nettoyer le terrain des gravats et s’en servir de remblais.

- Démolir la remise et s’en servir de remblais.

Cette solution permet d’intervenir en autarcie sur le lieu : aucun apport de matériel n’est prévu, pas de chaux, sable, graviers, ni benne à gravats.

Le mur de soutènement sera en pierre, briques et gravats de ciment secs.

En résumé :

Comme outillage : une barre à mine, des seaux, une masse, un têtu, une brouette, du cordeau et un mètre. Aucun outil thermique n’a été utilisé.

Comme matériaux : ceux qui sont sur place.

De l’huile de coude. 

 

Le chantier en images

 Plan de l’aménagement réalisé

 

Tri des gravats et préparation du chantier

Début des travaux, récupération des pierres de parement

Construction de l’extension, l’arrière du mur est remblayé au fur et à mesure que le mur monte

 

 

Un peu plus tard

 

Il n’y a plus de gravats sur le terrain. Démolition de la remise pour récupérer les gravats et continuer

 

 

Un peu plus tard

 

 

C’est presque fini, nettoyage final, finition terre

 

 

Ouf ! les klaxons ont cessé !

 

 

 

 

 

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Samedi 23 juillet 2005

Une deuxième phase de travaux vient de se terminer pour le chantier du mur de soutènement dans le Luberon, permettant la création d'une restanque autour de la piscine.

En voici quelques photos:

mur Lubéron Loys Ginoul

mur Luberon

 

mur Lubéron Loys Ginoul

 

mur Lubéron loys Ginoul

 

mur Lubéron Loys ginoul 

 

mur Lubéron loys Ginoul

 

mur Lubéron loys Ginoul

 


Pour mémoire, l'article de juillet 2005 :

Un mur de soutènement dans le Luberon

 


 

Présentation du chantier

Le projet est de surélever le niveau du sol afin d'obtenir une plate-forme gazonnée autour de la piscine.

La solution technique et esthétique retenue est la création d'un mur de soutènement en pierre sèche. La particularité de ce chantier est de confectionner le mur avant l'apport de terre, et non en vue de retenir un talus déjà existant.

Le mur est actuellement réalisé sur deux des côtés, en attente de la livraison de la terre. Le troisième côté comprendra un autre escalier permettant d’accéder à la plate-forme.

Détails techniques

Le mur fait 20 m de long sur une hauteur moyenne de 1,20 m. Le couronnement du mur est maçonné à la chaux en retrait, assurant une bonne solidité au faîte du mur tout en gardant l’aspect pierre sèche.

Il est achevé en double parement sur ses derniers 50 cm afin de créer une rambarde au-dessus du niveau de la future pelouse.

Trois accès sont intégrés au mur : l’un de plain-pied du côté de la maison, les deux autres traités en escaliers pierre sèche (technique rendue possible par le volume des blocs utilisés).

 

 

couronnement

escalier

mur en construction

 

Plan d'aménagement

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Vendredi 22 juillet 2005

 

 

 Présentation du chantier 

Des blocs de pierre, de tailles différentes, permettaient un accès trop étroit et escarpé à la restanque du potager. Les murs de restanques existants étaient partiellement écroulés.

Les marches ont été remontées de manière régulière.

Un des angles du mur dans lequel s’inscrit l’escalier a été entièrement restauré.

 Détails techniques

Le mur restauré et l’escalier ont été réalisés en pierre sèche.

L’escalier totalise 8 marches de 20 cm de haut. Il s’inscrit dans le mur et épouse les dénivellations du terrain. Ainsi la dernière marche rattrape la pente et permet l’accès à l’escalier sans terrassement excessif.

 

 

 

 

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