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Samedi 1 avril 2006

APRES LA FLORE DU MUR ... (cf. article : "C'est le printemps 1")

 

LA FAUNE

 

Pour mémoire, le mur où les différents animaux ont été pris en photos qui vont suivre, se trouve à l'est du Var limitrophe Alpes-Maritimes, non loin du littoral.

Nous sommes sur un ancien terrain agricole, en restanques, planté d'oliviers âgés d'environ deux cent ans et envahi par la chênaie blanche.

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Le mur en cours de restauration

 

 

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La faune

Je ne suis pas entomologiste et, contrairement à l'article sur la flore, celui-ci n'aura pas la prétention de vous donner les noms des animaux photographiés.

( Disons qu'il s'agit d'un quizz et que vos commentaires avisés et éclairés sont les bienvenus ! )

Si vous êtes intéressés par les insectes je vous conseille aussi de faire un petit tour ici, sur le blogue de chriscraft. (http://empuse.over-blog.com/)

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Le Phyllodactile

Il semble s'agir d'un animal rare et protégé. Raison de plus pour construire ici en pierre sèche et assurer son habitat.

C'est La bonne surprise du lieu, je n'en avais encore jamais rencontré, il trouve refuge dans les interstices laissés entre les pierres par la technique de construction en pierre sèche. pour plus d'info, cette page trouvée sur le site du parc national de Port Cros.

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La 'gallerie' des Araignées

1 - Ci dessous, une toile bouche l'entrée d'un trou dans une pierre :

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2 - Une araignée de 2 à 3 cm de long

Avec un bout de feuille j'ai tapé contre la toile de cette araignée qui prolonge l'entonnoir d'un trou qui s'enfonce dans la pierre.

Nous sommes dans une zone géologique particulière et certaines pierres comme celle de la photo ressemblent à de la "carniole", ces pierres calcaires trouées par la dissolution du gypse qui se trouvait là.

L'araignée en question est très vive, elle sort en un quart de seconde et s'aperçoit instantanément de la ruse, elle est déjà plus là. Je n'ai pas pu faire de meilleure photo, le début de sa sortie, on y aperçoit une de ses pattes de devant.

La voici en entier. Celle-ci avait fait son nid dans l'interstice de deux pierres, la sortie étant en façade du mur.

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3 - Une araignée de 5 mm 

C'est une petite araignée noire et brillante, son reflexe est d'aller sous la pierre et vers l'ombre.

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4 - Une araignée un peu plus grosse

contrairement à la précédente cette araignée reste sur la face ensoleillée de la pierre.

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5 - Une araignée couleur de la pierre, là où le soleil ne passe pas

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6 - Une araignée  très gracieuse 3-4 mm

possiblement une "Xyticus" me dit chriscraft

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7 - Une araignée  grise et qui reste au soleil sur la pierre 5-7 mm

Une saltique me dit Chriscraft

     

 

 

 

 

 

 

 

  

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Il y a d'autres espèces d'araignées que je n'ai pas pu prendre en photo, des plus vives, des plus petites...
Anna propose également une galerie d'araignées des guarigues à voir ici http://microgalerie.canalblog.com/archives/arachnides____araignees_de_la_garrigue/index.html---------- 

Les Fourmis

Pour l'instant, je n'ai pris qu'une photo, celle d'une grosse fourmi qui erre sur les pierres. D'autres sortes de fourmis sont présentes sur le site, mais elles ne semblent pas être liées particulièrement à la présence du mur, contrairement à celle-ci, dont la fourmillière se trouve au pied.

 

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Les Colimaçons

 J'en ai rencontré trois sortes sur ce bout de mur. Ils étaient en état d'hibernation.

Celui-ci se met en boule pour se protéger

Celui-là est plus long, il se protège en se mettant ainsi

Ceux-ci sont encore endormis dans leur cocons de terre maçonnée

 

Une autre espèce colorée de jaune

 

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Les Scorpions

Ils sont nombreux, et profitent du moindre trou pour se cacher. Ce ne sont pas de mauvais bougres et il n'y a aucun souci à se faire, je n'ai jamais été piqué et ne connais personne qui l'a été.

 

Ici aussi, la rude loi de la jungle, il devient le festin des fourmis

 

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Les escargots

Deux espèces ont trouvé leur habitat sur ce bout de mur.

Cet escargot conique et qui se nourrit des mousses et lychens qui poussent sur les pierres. Il se réfugie dans les trous des pierres quand l'air s'assèche.

Et un escargot "plat"

 

 

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D'autres insectes

Une punaise

 

Une larve

Des pucerons

Un insecte doré

"l'insecte doré doit être un truc compliqué lol, chalcophora mariana, un bupreste" dixit Chriscraft

Un autre noir et or

Un autre noir et qui fait le mort

Des nids

 

Celui-là semble en cellulose

Celui-ci est maçonné à la terre

Celui-ci est fait de brindilles

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mise à jour Juin 2006, le chantier est terminé, ces insectes sont maintenant tranquilles.

 RETOUR AU SOMMAIRE

 

Samedi 25 mars 2006

C'est le printemps...

... et un petit article à la volée, une tranche de vie autour d'un petit bout de mur, en pierre sèche bien sûr !

Ci dessus le mur en question, nous sommes en fin mars, dans le département du Var, presque limitrophe des Alpes-Maritimes.

le même mur en début avril, les travaux avancent, les fleurs fleurissent...

Les plantes

Les plantes qui poussent dans les murs sont dites "rudérales".

Voici celles qui poussent dans ce mur :

La Doradille

En latin, "Ceterach officinarum", famille des "Aspleniaceae", aussi appelée "herbe dorée"

Il s'agit d'une plante officinale. Pierre Lieutaghi, dans le "Livre des bonnes herbes" (Actes Sud, 1996, p.244), la cite comme diurétique.

 

 Ci-dessus on voit comment les racines s'inscrivent à plat dans l'interstice laissé entre les pierres.

Début avril. Les pluies sont passées depuis un moment, les feuilles s'enroulent, la plante se dessèche et se prépare à traverser l'été.

Le Nombril de Vénus

Il s'agit ici de "l'Umbilicus horizontalis", de la famille des "Crassulaceae", une autre variété est dite "rupestris"

presque en fleur, grâce aux dernières pluies...

profitant du moindre trou dans la pierre.

Ci dessus une partie du mur colonisée par les nombrils de Vénus. Nous sommes maintenant en fin avril

L'Asperge sauvage

Il s'agit ici de "l'Asparagus acutifolius", de la famille des "Liliaceae"

je ne vous dit qu'une chose ... elle était très bonne!

Les racines des asperges sont profondes et charnues, elles stoquent l'eau. Le nombril de vénus, quant à lui, n'a presque pas de racines, il stoque l'eau dans ses parties aériennes. C'est cette adaptation qui lui permet d'être aussi présent dans les murs.

La Capillaire

(Je ne peux pas vous en donner le nom latin car je n'ai pu la reconnaître de façon sûre, peut-être une personne qui passera par là pourra nous éclairer plus précisément sur cette plante. Il ne semble pas s'agir de "l'Adiantum capillus-veneris", dite capillaire de Montpellier car les pétioles ne sont pas noirs)

Ces plantes arrivent à cohabiter, ici avec la doradille et le nombril de Vénus :

La Garance

Il s'agit ici de "Rubia peregrina", de la famille des "Rubiaceae"

Ce que je nommais "l'Herbe à Robert"

Merci ma tante, bien connue des élèves de sciences nat. d'Alsace et de Bretagne, pour la précision, tous les géraniums sauvages ne sont pas des "herbes à robert" et celui ci semble être un géranium rotondifolium.

Plante très courante et qui pousse à cet endroit du mur car de la terre s'y est déposée.

nous voici en avril et elle a fleuri.

Ce que je nomme " Séneçon", mais lequel ?

(merci encore de votre aide)

La Valériane

Il s'agit ici de la "Centranthus ruber", de la famille des "Valerianaceae"

ici en mars

début avril. En fleur.

La Vigne blanche

Il s'agit ici de la "Clematis vitalba", de la famille des "Ranunculaceae"

C'est une clématite, très envahissante, si on la laisse pousser elle forme des lianes qui, soit grimpent aux arbres, soit s'étalent et etouffent toute autre végétation.

Une Euphorbe

Il s'agit ici de l' "Euphorbia helioscopa", de la famille des "Euphorbiacée", elle est aussi appelée l'Euphorbe réveil matin !

Ci dessus, nous sommes en fin avril, l'alumette vous donne la taille de cette euphorbe, nanifiée pour s'adapter, survivre et fleurir sur cette petite motte de terre.

Le Fumeterre

Il s'agit ici du "Fumaria officinalis", de la famille des "Fumariacées", elle est aussi appelée Fiel de terre !

Il s'agit d'une plante officinale.

En fleur. Début avril.

Le Lierre

Il s'agit ici du "Hedera helix", de la famille des "Haraliacées"

Il s'agit d'une plante officinale. Pierre Lieutaghi, dans "Le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux" (Actes Sud, 2004, p.784) la note comme dépurative et sédative en usage interne (attention il convient de bien se renseigner avant d'en avaler, il s'agit d'une plante TOXIQUE). En usage externe, résolutif, détersif, cicatrisant.

C'est également une plante saponifère.

Ici une jeune pousse où des fourmis ont mis quelques pucerons à pâturer.

La Mercuriale

Il s'agit ici de la "Mercurialis annua", de la famille des "Euphorbiacées"

Il s'agit d'une plante officinale, elle aussi TOXIQUE

elle n'est pas ici tout à fait dans son élément, elle préfère s'épanouir dans une bonne terre arrosée de jardin.

Ce que j'appelle "l'Orpin"

Il s'agit ici du "Sedum spathulifolium 'cappa blanca' ",

Le Sedum

Il s'agit ici de "Sedum sediforme" dit aussi "Sedum nicaeence", de la famille des "Crassulasseae" 

 

 

 

 

 

 

 

il est ici associé sur la même pierre avec les grands absents de mon article, car je ne peux pas vous en donner, non seulement le nom en latin, mais aussi en français :

Les Lychens et les Mousses


 

 

 

 

Nous sommes maintenant en fin avril

Deux nouvelles plantes s'imposent dans cet article par une belle floraison.

L'Iris

C'est l'une des plantes les mieux adaptées pour le haut d'un mur en pierre sèche.

Elle peut aussi être considérée comme une plante technique. En effet ses tubercules et ses racines retiennent la terre des talus et remplacent aventageusement le géotextile du haut du mur.

Une Saponaire,

Il s'agit ici soit de la " Saponaria Calabrica" soit de la "Saponaria ocymoides", de la famille des "Caryophyllaceae". Mes flores et mes connaissances botaniques ne me permettent pas d'aller plus loin dans la reconnaissance.

 


 

 Tout début mai, sur le mur exposé au sud, c'est déjà l'été, une dernière fleur

L'aillé fer:

Il s'agit ici de l' "allium roseum" de la famille des "liliacae"

 Fin de l'article. mis à jour le 8 mai 2006.


Sur ce même bout de mur, la faune, les animaux ... RETOUR AU SOMMAIRE

Mardi 6 décembre 2005

Vous êtes quelques-uns à vous être abonnés au blogue pierre sèche. Je vous en remercie vivement.

Beaucoup d'activités, de travail ne me permettent pas dans l'immédiat de passer du temps bien au chaud devant l'écran de l'ordinateur.

Des articles en rendront compte bientôt,

restez donc abonnés et visitez en attendant les liens vers les sites ayant trait à la pierre sèche. Liste de liens qui s'allonge régulièrement dès que je découvre un nouveau site.

Cordialement.

Lundi 24 octobre 2005

Voici quelques photos du petit dernier :

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

Le mur soutient la terre du terrain du dessus dans la zone des jardins à Forcalquier.

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

L'intérêt du travail a consisté a reproduire l'aspect des murs de pierre environnants.

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

Les impératifs tels que la quantité de pierre, la pente, les murs existants...

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

... ont donné à ce mur sa forme courbe, son pilier, et son aspect général.

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

Détail de l'assemblage des pierres :

mur-pierre-seche-forcalquier-L.Ginoul

A bientôt...

RETOUR AU SOMMAIRE 

Jeudi 20 octobre 2005

Dans cet article en chantier, quelques textes littéraires et autres oeuvres où l'homme cotoie, pense et utilise la pierre, et plus particulièrement la pierre sèche.

Un autre site propose une très belle sélection de textes écrits à partir d'une inspiration liée à la pierre sèche, c'est ici sur le site de "Pierres d'Iris"

Un autre "voyage dans les mots", c'est là, sur le blogue d'Océania


«  on grimpe par les zig-zags d’un sentier vénérable, tantôt parmi la sécheresse de rocs brûlés, tantôt dans la pénombre de pauvres oliviers moins majestueux que partout ailleurs, (…),la chaleur cuit.(…) Un peu de terre est parfois retenue sur cette brusque chute de rocs et il faut tout un mur pour qu’un triste olivier végète ».

Louis Cappatti dans l’article : Peillon, Revue Nice Historique, 1924 p16.

« Sur les coteaux abrupts, l’homme, péniblement, a construit de solides murs en pierres sèches que le temps à vêtu de mousses et de grisaille, afin de retenir les quelques pelletées de terre meuble qu’il a jeté sur la roche compacte ou sur l’aride pierraille » 
Pierre Isnard, cité par Louis Cappatti dans l’article : A propos de l’Armanac Nissart, revue Nice Historique, 1928, page 24. 

 « Quelque chose craque encore dans la toiture faite de poutres et de grosses pierres plates, qui s’élevait obliquement au dessus d’eux et n’avait qu’une seule pente, le chalet étant adossé à un ressaut de roc qui remplaçait le mur du fond. (…)quelque chose craque dans la toiture, c’est que les dalles d’ardoise, étant exposées pendant le jour à la chaleur du soleil, sont fortement dilatées par elle, puis, le soir venu et le froid, se rétractent, faisant des mouvements soudains et espacés, comme si on marchait sur le toit. » p. 12
 
 « On entendait de temps en temps le tintement d’une clochette au cou d’une chèvre quelque part dans les environs. Les chalets étaient de ci de là répandus. C’est des cabanes en pierre sèche. Une des pentes de leur toit était tout enneigée de lune, l’autre se confondait avec l’ombre qu’elle projetait sur le sol. » p. 16 
C.-F. Ramuz, dans le récit: Derborence, éditions « ne varietur » pour « La Guilde du Livre », Lausanne, sans date.



Si aujourd'hui, dans nos contrées, construire en pierre sèche est un acte souvent esthétique, comme partout ailleurs, à l'époque où le caddie n'existait pas, il était dicté par la nécessité pour
l'homme de s'adapter à son environnement en utilisant au mieux les matériaux et les ressources qui l'entourent.

Le film de Wang Quan An, Le mariage de Tuya, interprété par la superbe Yu Nan, prend pour décor l'environnement paysan de la province de la Mongolie Intérieure en Chine. Vous y verrez, encore en vie et en état de marche, des structures et des constructions en pierre sèche, le tout vibrant de lumière, d'humour, et des sentiments. 

La chanson du murailleur

Le silence des mots, obscur et lent empilement de signes,
comme l’odeur de la pierre sur mes mainsde retour le soir, 
au bout du mur,
est un lieu rond où je me rends,patient,visage buriné, 
écrit sur toutes les faces,
où s’ouvrent toutes les portes
et qui les condamne toutes.
Le silence des mots
au bout du soir, le labeur terminé,
il est juste derrièrece n’est pas un secret
c’est le seul lieu où je ne suis plus seul.

Louis Cagin I/05


Trois extraits, souvenirs de jardinier, trouvés dans "calendrier perpétuel" D'ernst Jünger, (Bruxelles 2006, Artgo éditeur)

"27 juin 1967: La petite économie. Dans la cour de devant les joints d’entre les pavés sont remplis de pâquerettes. En retournant le jardin, on découvre sans cesse de nouvelles pierres : il faut les exhausser. Je les réunis en un tertre, le couvre de terre et y plante de la mousse. Il commence à fleurir, la décharge s’est changée en un lieu charmant. Les algues fleurissent elles aussi ; le marbre des pierres tombales se teinte de rouge. »

"16 septembre 1970 : Le printemps humide a tout fait monté en tige : La mousse du tertre, les coloquintes, les zinnias.(…)" 

« 6 septembre 1972 : Sous la tonnelle, un jeune hérisson, qu’Indra (ndl : le chat)  a flairé et qui n’a pas tardé à disparaître.Ces petites créatures savent se dissimuler dans les jardins comme peu d’autres.Mais quels habitants ou quels visiteurs ont-ils élu mon tertre de pierres, que j’avais si richement couvert de mousse verte et qui a maintenant l’allure d’une ruine ?"


Paul Celan (recueil "De seuil en seuil" p. 71) "Et la bauté"

 "... et les pierres que tu as entassées, que tu entasses, vers où jettent elles les ombres et jusqu'où ? Et le vent qui les effleure; et le vent dérobe-t-il une ombre à ces ombres, la met-il à tes mesures ?"

"Und die Steine, die du haüftest, die du haüst : wohin werfen sie die Schatten, und wie weit ?  Und der Wind, der drüber hinstreicht, und der Wind : rafft er dieser Shatten einen, miSt er ihn dir zu ?"
comme incitation de l'heure


Toujours Paul celan, mais cette fois ci dans le recueil "Grille de parole" p.47 Nuit

 Cailloux et galets. Et un éclat de verre, grêle
Echange d'yeux, enfin, à contre temps :
résistant à l'image

devenu bois

la rétine

en signe d'éternité.

Pensable :

Là haut, parmi les travées du monde,

Stellaire,

le rouge de deux bouches.

Audible (avant l'aube?) : une pierre,

qui prit une autre pour cible


Trois derniers: 
"Quelle que soit la pierre que tu lèves."
Quelle que soit la pierre que tu lèves -
tu découvres ceux qui ont besoin de la protection des pierres
nus,ils renouvellent maintenant le tressage.
Quel que soit l'arbre que tu abats -
tu menuises le cadre du lit sur lequel les âmes de nouveau s'agglutinent
comme si, lui non plus, il ne tremblait pas,
cet éon.
Quel que soit le mot que tu dis -
tu rends grâce à perte et péril
Dans le recueil "renversé du souffle"
Dans les fleuves, au nord du futur,
je lance le filet que tu alourdis,
hésitant,
d'ombres écrites par des pierres
La Halde  (Dans le recueil "de seuil en seuil)
Tu vis à côté de moi, comme moi
comme une pierre
dans la joue creuse de la nuit.
O la halde bien aimée,où nous
Roulons sans cesse,
Nous pierres,
de rigoles en rigoles,
Plus rondes à chaque fois,
Plus semblables, plus étrangères.
O cet oeil ivre
qui comme nous erre alentour,
et qui parfois, surpris,
nous voit en un.

Lu Dans "La Raison", de Pascal Quignard, biographie de Porcius latron (-57, -4 AJC), édition le promeneur, Paris, 1990, un paysage antique en quelques extraits: 

"C'est à peu près dans ce temps là qu'il souhaita s'éloigner du Viminal et des collines les plus urbaines (note de lecture :  nous  sommes ici à Rome en -24), Il trouva à se rapprocher du Tibre (...). Il ne voulu qu'une cabane de pierres plates sans mortier, avec deux pièces sans fenêtres. (...). Il mit deux ans à faire recouvrir la cahute de tuiles neuves et jaunes (...) le sol était sans pavement, il mettait des tapis de laine sur le sol pour s'asseoir."

"L.J. Gallion devint sénateur, Porcius Latron ne devint rien. Sur le bord de la rive, devant la cabane de pierres sèches, les inondations et la pluie avaient mis à nu des gros caïeux qui sortaient de terre. derrière la maison il y avait un bois d'olivier et un champ planté de froment moissonné.(...) plus loin s'étendaient la vigne et la plaine."

"Auguste citait volontiers ce mot de Porcius : ' Mon corps est un ru de boue qui n'est pas continu. Ma demeure un amas de cailloux qui tient debout par hasard. Ce que j'ai inscrits ce matin sur mon morceau de buis est moins personnel que ce que la bave lumineuse de l'escargot a noté sur sa feuille de laitue.' "


Dans La gloire de mon père de Marcel Pagnol ;

 Cependant mon grand-père, qui n’était pas « monsieur l’aîné », n’hérita pas de la cartonnerie et il devint je ne sais pourquoi tailleur de pierre. (…) Il me parlait souvent de son métier ou plutôt de son art, car il était maître appareilleur.

Il n’estimait pas beaucoup les maçons : « Nous disait il, nous montons des murs en pierre appareillées, c'est-à-dire qui s’emboîtent exactement les unes dans les autres, par des tenons et des mortaises, des embrèvements, des queues d’arondes, des traits de Jupiter… bien sur nous coulions aussi du plomb dans les rainures, pour empêcher le glissement. Mais c’était incrusté entre deux blocs, et ça ne se voyait pas ! Tandis que les maçons ils prennent les pierres comme elle viennent, et ils bouchent les trous avec des paquets de mortier … Un maçon c’est un noyeur de pierres, et il les cache parce qu’il n’a pas su les tailler. »

Plus loin lorsque le petit Marcel s’est perdu en voulant suivre son père à la chasse… « Je découvris une sorte de hutte conique, faite de pierres plates, et très ingénieusement disposées. Chaque rang circulaire avançait vers le centre, de la largeur d’un doigt, si bien qu’au sommet, les cercles diminués à chaque étage, finissaient par se rejoindre. Le dernier laissait un vide grand comme un assiette, qui était couvert d’une belle pierre plate. La vue de ce refuge me rappela ma triste situation. (…) Je n’y entrais pas tout de suite (…)A travers le trou qui servait d’entrée, je plongeais un rameau de pin, que j’agitai dans tous les sens, en proférant quelques menaces. Le silence me répondit. Avisant une meurtrière, j’examinais l’intérieur. Il n’y avait rien si ce n’est une couche d’herbes sèches, sur laquelle un chasseur avait du dormir. Je me glissai dans la hutte que je trouvai fraîche et sûre, là du moins je pourrai passer la nuit à l’abris des fauves nocturnes mais je constatais avec inquiétude que le trou d’entrée n’avait pas de porte !… J’eus aussitôt l’idée de réunir un bon nombre de pierres plates et de le boucher par un petit mur (…).Première déconvenue, il n’y avait pas une seule pierre plate autour de la hutte. Où donc le berger avait il trouvé celles qui lui avaient servi ? Je compris dans un éclair de génie qu’ils les avaient prise là où il n’en restait plus. Je n’avais qu’à chercher plus loin, ce que je fis avec succès… Pendant que je transportais ces matériaux –qui m’écorchaient les mains- je pensais : « pour le moment personne n’a d’inquiétude. Mais quand ils (les chasseurs, le père et l’oncle de l’enfant Marcel) vont rentrer quelle catastrophe. Maman va peut être s’évanouir ! En tout cas elle va pleurer. Sur quoi je me mis à pleurer moi-même, tout en serrant sur mon ventre écrasé une pierre parfaitement plate, mais qui pesait autant que moi. »


La BD de Baudoin, "Couma aco", éditée par "l'association" parle d'un grand père murailleur... 

Toute l'émotion que l'on éprouve à construire un mur en pierre sèche est résumée en quelques dessins.
undefined"Est-ce le mur qui tient l'arbre ou le contraire?
et les racines, jusqu'où vont-elles?
je ne sais pas. Des hommes ont habité là. Quand je frappe avec ma serpe sur les ronces qui effacent les chemins, je sens ces hommes dans mes bras."

undefined" Là couma aco es béu!"

Dans "Le Fleuve Alphée", de Roger Caillois aux éditions Gallimard, 1978

"Elargissant sans cesse le cercle d'une solidarité qui me diluait au plus lointain de moi même, j'en vins à rencontrer dans les pierres la récompense souhaitée. Elles se révélèrent peu à peu comme un album gigantesque. Situées à l'extrême de la taciturnité, elles étaient placées du même coup aux antipodes de l'homme et de la pensée. Je les devinais contenir en leur masse impassible et perdurable la totalité des transformations possibles de la matière, sans rien en exclure, ni même la sensibilité, l'intelligence, l'immagination."

"Subsistent les pierres qui sont un monde à elles seules; peut-être qui sont le monde, dont tout le reste, l'homme le premier, sommes excroissances sans durée."
 
"Dans le même temps je cherche à donner à mes phrases, même transparence, même dureté, si possible, -pourquoi pas?- même éclat que les pierres. (...) Les pieres, présentes à l'origine des choses, se confondent avec les choses mêmes. Et rien d'humain qui ne leur soit irrémédiablement étranger. Elles subsisteront dans l'espace sidéral après l'universelle et l'inévitable dissolution. Les vestiges d'un parasite d'un jour ne seront plus que trace dans l'épaisseur des pierres. Fossile pour personne.
Je laisse les images m'assaillir, prolonger la pierre, (...). Je n'attends pas d'accéder à quelque révélation. C'est une simple pierre que j'ai toujours sous les yeux. Qui ne me dévoile pas le moindre secret.(...) Je ressent un calme bonheur. Je me trouve récompensé, (...). Je reçois la confirmation d'un savoir que je ne savais pas m'appartenir."

Dans "Respirer l'Ombre" de Giuseppe Penone, aux éditions E.N.S.B.A, 1999-2004

"La pierre attend les mouvements végétaux. Elle est comme un fragment de mer. Elle a la même valeur visuelle que l'eau qui inclue les récifs et lèche la côte mais, contrairement à la mer, c'est elle qui est peu à peu enveloppée par l'expansion lente et fluide du végétal"

"La capacité qu'ont les pierres de se soulever du sol ressemble à celle des albatros qui, grâce à l'envergure de leurs ailes, exploitent les courants ascendants de l'air,"

"Une pierre qui se lève de terre sous l'effet de la pluie, de la rosée. Une pierre qui vit les variations de l'humidité du milieu où elle se trouve est une sculpture en plein air. La corde végétale qui attache la pierre, rétrécit avec la pluie et la soulève."

Trouvé par un ami dans le "Journal de bord" de Pierre Guyotat, qui cite le conte de "Jean des pierres". (Ce conte d'origine bretonne, raconté par Pierre Jakez-Hélias "Les autres et les miens" a récemment été repris par J.Y. Royer dans une version "murailleur provençal" et chanté par Renat Sette)

"Un soir de tempête, il était couché avec sa femme, mais il ne pouvait dormir. Il se retournait sans cesse dans son lit. Tout à coup, à sa femme: "Il faut que j'y aille, j'entend une pierre qui souffre, elle m'appelle!". Le lendemain matin on l'a retrouvé mort. Le mur s'était écroulé autour de lui, mais aucune pierres ne l'avait touché dans sa chûte. Il serait sur son coeur la pierre qui souffrait."

Un autre conte, mettant en scène lui aussi le carractère d'un murailleur. Il s'agit de "La Grande muraille", de Claude Michelet édité en 1981 aux éditions Robert Laffont. Firmin y hérite d'une parcelle de pierre, il passe sa vie à en faire un jardin, clos d'une monumentale muraille maçonnée à sec.

"Je suis le riche propriétaire d'une pièce que personne n'a jamais pu cultiver et que personne ne cultivera jamais car les cailloux cachent la terre"
"Les hommes s'étaient servis du lieu pour se débarrasser des innombrables pierres ramassées dans les champs. A la base des tas c'était les gros moellons, ceux qu'on enlève lorsqu'on décide de défricher une pièce. Et puis peu à peu par étage le volume des quartiers diminuaient. Les tas étaient couverts de petites caillasses grosses comme le poing que des générations de femmes et d'enfants avaient glannées derrière les herses."
"Une belle muraille, pas avec des pierres en vrac mais avec des pierres que je rangerai et chacune aura la place qu'elle devra avoir"
"Un quartier monstrueux, d'au moins quatre quintaux l'occupa pendant plusieurs jours car il voulait coûte que coûte que ce rocher prenne place dans les fondations"
"La muraille atteignit un mètre ciquante de haut. A sa base une large bande de terre rouge, mis au jour par l'enlèvement des pierres se fendilla sous le soleil."
"Et la muraille s'éleva, belle, majestueuse. Elle s'étira peu à peu comme un long reptile blance. Derrière sa tête monstrueuse, couverte d'un jardin fleuri,elle déroula son corps en une courbe douce qui épousa la forme du champ."


Gérard de Nerval "vers dorés"
"Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres"
Un article sur le spectacle "bâtir avec des pierres et des mots"


Vous qui passez par ici, n'hésitez à faire vivre cet article en indiquant des textes qui pourraient y être inséré, merci d'avance de laisser un commentaire!
Mis à jour le 29 mai 2008

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par L. G. publié dans : Divers
Jeudi 6 octobre 2005

Par cette suite de photos, prises lors du chantier du mur de soutènement dans le Luberon, j'espère vous faire partager un peu de technique :

pas à pas Loys Ginoul

pas à pas. Loys Ginoul 2005

Notez que les parpaings ne sont là que provisoirement. Ils ont été installés lors de l'apport de terre afin d'éviter que celle-ci ne glisse avant la construction du mur.

pas à pas. Loys Ginoul 2005

 

pas à pas. Loys Ginoul 2005

 

pas à pas. Loys Ginoul 2005

 

pas à pas. Loys Ginoul 2005

 

pas à pas. Loys Ginoul 2005

 

pas à pas. Loys Ginoul 2005

 

pas à pas. Loys Ginoul 2005

Article: pas à pas. loys Ginoul 2005

Article: pas à pas. loys Ginoul 2005

Article: pas à pas. loys Ginoul 2005

mur luberon,loys Ginoul

mur luberon, Loys Ginoul

mur luberon, loys ginoul 2005

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